Un an après, le sort incertain des ex-GM&S, toujours mobilisés

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Des salariés de l'usine rebaptisée LSI et d'ex-GM&S discutent en attendant le délégué interministériel, mercredi 23 mai 2018
Des salariés de l'usine rebaptisée LSI et d'ex-GM&S discutent en attendant le délégué interministériel, mercredi 23 mai 2018
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© AFP, PASCAL LACHENAUD

AFP, publié le mercredi 23 mai 2018 à 18h03

Il y a un an, les ouvriers de GM&S, en liquidation judiciaire, secouaient les débuts de la présidence d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, environ 150 d'entre eux sont au chômage et, loin des projecteurs, l'usine creusoise reprise tourne au ralenti malgré les engagements des constructeurs automobiles et du gouvernement.

Venu visiter l'usine de La Souterraine mercredi matin, Jean-Pierre Floris, délégué interministériel aux restructurations d'entreprises, a été bruyamment accueilli par d'ex-GM&S lui tendant leur CV.

M. Floris a participé dans l'après-midi à Guéret au comité de pilotage, créé l'an dernier pour suivre le sort des licenciés et le bon fonctionnement de la nouvelle entité, désormais appelée LSI (La Souterraine Industry) .

Il a qualifié cette réunion de "constructive", tout en déplorant "l'absence de la direction de l'entreprise" à laquelle il a demandé de "présenter un plan industriel d'ici fin juin". "Je regrette que ce plan n'ait pas été présenté plus tôt", a souligné M. Floris devant la presse, estimant que l'usine, "un peu plus chère que ses concurrents", devait améliorer sa productivité.

Depuis septembre et la reprise pour un euro symbolique de l'emboutisseur avec moins de la moitié du personnel (120 sur 277), "le moral des salariés est au plus bas" et "le site tourne à peine à 35% de son potentiel", résume Yann Augras, syndicaliste CGT employé aujourd'hui par LSI. Il décrit une usine vide et silencieuse.

Interrogé au téléphone par l'AFP, le PDG Alain Martineau reconnaît que le site est en sous-production, tournant à l'équivalent de trois jours pleins sur cinq, mais il explique: "Nous avons répondu à des appels pour des affectations de pièces nouvelles par les constructeurs, et les effets ne se traduiront pas avant un an".

Il n'exclut pas du chômage partiel, "mais cela reste à discuter avec les représentants de l'Etat".

- Renault montré du doigt -

Le 21 mai 2017, Bruno Le Maire annonçait pourtant avoir obtenu 25 millions d'euros de commandes, dont 10 millions de PSA et autant de Renault.

"Bilan?", dénonce René Bastier, élu CGT au CE: 2,3 millions d'euros de chiffres d'affaires et 1,3 million de déficit pour le seul premier trimestre 2018.

"PSA remplit tout à fait ses engagements de volumes (pour 2018). Renault est significativement en dessous", a expliqué mercredi matin M. Floris. "Mon rôle c'est de discuter avec Renault pour que les choses s'améliorent", a-t-il ajouté en sortant de l'usine. "C'est une décision politique. Il y a un engagement qui a été pris. Respectez l'engagement", a demandé M. Floris, tout en estimant que cet engagement avait été "pris de manière rapide", "sans calculs précis."

Alors que des salariés et ex-GM&S contestaient ses explications, le ton est vite monté: "Quand vous vous comportez comme cela, c'est vous qui faites tomber la boîte", leur a lancé le délégué ministériel.

"Vous êtes venu faire de la com', c'est tout ce que vous êtes capable de faire", lance quelqu'un dans la foule.

"Personne ne sera laissé sur le bord de la route", assurait aussi le tout nouveau ministre de l'Economie lors de sa visite le 19 juillet, après le passage de Philippe Poutou et Jean-Luc Mélenchon, venus à l'approche des législatives dénoncer "la brutalité d'un modèle économique" qui "pousse les ouvriers à des moyens extrêmes". Les GM&S avaient un temps piégé leur usine avec des bonbonnes de gaz.

Aujourd'hui pourtant, malgré le déploiement des moyens de l'Etat, seuls 18 des 154 licenciés ont retrouvé un emploi. "Le plus souvent par la bande", assure Vincent Labrousse, ancien délégué CGT lui-même licencié.

Invités de la Fête de l'Huma ou de manifestations de cheminots, les ex-GM&S veulent rester très présents dans "la bataille médiatique et politique", dit-il.

"La solidarité est toujours là. Et même si les meilleures volontés parfois fatiguent, la vision reste commune: ce qui nous est arrivé est injuste et lamentable...", dit ce militant.

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