Tribune de militaires : les sanctions seront "exemplaires", assure le porte-parole des armées

Tribune de militaires : les sanctions seront "exemplaires", assure le porte-parole des armées
Exercice militaire (illustration)

publié le jeudi 29 avril 2021 à 11h30

Les sanctions pourront aller jusqu'à la radiation des services, a indiqué Hervé Grandjean. Selon lui,  la tribune concerne "une infime proportion" des militaires et n'est "en rien représentatif de la communauté".

Une semaine après la publication d'une tribune de militaires dans Valeurs Actuelles dénonçant le "délitement" de la France et appelant à "soutenir les politiques" oeuvrant contre, le chef d'Etat major des armées François Lecointre a assuré que les militaires toujours en activité qui ont signé la tribune passeront devant un conseil militaire et "recevront des sanctions disciplinaires militaires".

Ces sanctions seront "exemplaires", a ajouté Hervé Grandjean, le porte-parole des armées, jeudi 29 avril sur franceinfo.



"Nous allons continuer à regarder très soigneusement la listes des signataires" de la tribune, a expliqué Hervé Grandjean, qui distingue d'un côté les "militaires qui travaillent aujourd'hui au ministère des Armées", soit "18 militaires" qui "vont passer devant un conseil de discipline au niveau local" et "peuvent recevoir des sanctions qui vont jusqu'à des jours d'arrêt" ; et de l'autre côté "des généraux de deuxième section", c'est-à-dire des militaires à la retraite qui "peuvent être rappelés si une mission leur a été confiée par le ministère des Armées".

"Ces généraux, même s'ils sont à la retraite, sont aussi soumis au devoir de réserve, au devoir de neutralité et de loyauté", a souligné le porte-parole des armées. "Les sanctions demandées par le chef d'état major des Armées et la ministre des Armées, vont jusqu'à la radiation des services. Ils peuvent ainsi perdre leur droit de porter l'uniforme, leur carte militaire et aussi le droit de signer des documents en accolant leur grade à l'ordre", a-t-il ajouté.

Tous ces militaires "sont sanctionnés car ils n'ont pas respecté le principe de réserve", a insisté Hervé Grandjean. "Effectivement, quand on critique ouvertement le gouvernement ou qu'on appelle des camarades à prendre les armes sur le territoire national, clairement, on sort du devoir de réserve qui doit caractériser tout militaire. Vous savez, quand vous vous engagez dans la carrière militaire, quel que soit votre grade, on vous apprend immédiatement que vous n'avez pas à avoir d'expression publique en faisant mention de votre grade. C'est ce que ces personnes ont fait", a souligné le porte-parole des armées.


Selon lui, la tribune concerne "une infime proportion (des militaires). Ce sont quelques cas isolés et ce n'est en rien représentatif de la communauté militaire". "Nous parlons là de 18 militaires actifs, de 25 officiers généraux. En deuxième section, nous avons 5.200 officiers généraux et nous avons 210.000 militaires actifs", a précisé Hervé Grandjean.

La tribune, publiée par Valeurs Actuelles le 21 avril, appelle le président Emmanuel Macron à défendre le patriotisme. Les signataires dénoncent le "délitement" qui frappe selon eux le pays et se disent "disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation". "Si rien n'est entrepris, le laxisme continuera à se répandre (...), provoquant au final (...) l'intervention de nos camarades d'active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles (...)", promettent-ils dans ce texte mis en ligne 60 ans après le putsch des généraux d'Alger. 
 

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