Tribune controversée : 18 militaires d'active signataires risquent des sanctions disciplinaires, annonce le chef d'Etat-major

Tribune controversée : 18 militaires d'active signataires risquent des sanctions disciplinaires, annonce le chef d'Etat-major
Le chef d'Etat-major le général François Lecointre, le 27 avril 2021.

publié le mercredi 28 avril 2021 à 23h00

18 militaires en activité ayant signé la tribune controversée dans Valeurs actuelles identifiés passeront devant un conseil militaire, a indiqué mercredi soir le chef d'état-major des Armées François Lecointre dans Le Parisien.

Leur prise de position de ne sera pas sans conséquence. Une semaine après la publication d'une tribune controversée de militaires français dans Valeurs Actuelles, le chef d'Etat major des armées François Lecointre annonce mercredi 28 avril dans les colonnes du Parisien que 18 militaires en activité signataires identifiés, parmi les quelque 1.500 dont le nom a été publié, passeront devant un conseil militaire. 

Les 18 militaires, parmi lesquels quatre officiers, "recevront des sanctions disciplinaires militaires", a déclaré le général Lecointre, en évoquant des sanctions "plus fortes pour les plus gradés".

"Je considère que plus les responsabilités sont élevées, plus l'obligation de neutralité et d'exemplarité est forte", a-t-il martelé.




Les généraux en "deuxième section" signataires - proches de la retraite mais qui peuvent toujours être rappelés - risquent pour leur part "la radiation, donc la mise à la retraite d'office", a-t-il ajouté. "Quand on est général en 2e section, on s'engage statutairement à respecter le devoir de réserve", a-t-il estimé. 



"Ces officiers généraux vont passer chacun devant un conseil supérieur militaire. Au terme de cette procédure, c'est le président de la République qui signe un décret de radiation", a précisé le général Lecointre. "Je souhaite que leur mise à la retraite d'office soit décidée", a-t-il pour sa part relevé en évoquant "une procédure exceptionnelle", lancée à la demande de la ministre des Armées. Florence Parly avait demandé lundi des sanctions à l'encontre des signataires, jugeant leurs "actions inacceptables" et "irresponsables".

Parmi les signataires, le général Christian Piquemal, ancien patron de la Légion étrangère, a déjà été radié en 2016 des cadres de l'armée pour avoir participé à une manifestation interdite contre les migrants à Calais.

"Je vais lui envoyer une lettre pour lui dire qu'il est indigne, salit l'armée, la fragilise en en faisant un objet de polémique nationale", a indiqué le général Lecointre. "Je leur conteste à tous (...) le droit de prendre des engagements politiciens en mettant en avant leur grade", a-t-il ajouté.

Cette tribune "ne reflète en rien l'état d'esprit des armées aujourd'hui"

La tribune, publiée par Valeurs Actuelles le 21 avril, signée notamment par une vingtaine de généraux,  appelle le président Emmanuel Macron à défendre le patriotisme. Ces militaires dénoncent le "délitement" qui frappe selon eux la patrie et se disent "disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation".

Dans les colonnes du Parisien, le général François Lecointre se dit "absolument révulsé" par l'appel à l'armée d'active, et a jugé inacceptable que les auteurs de la tribune l'aient signé tout en sachant "très bien qu'ils prenaient un parti pris politique". "La neutralité des armées est essentielle", a-t-il rappelé. 

Selon lui, cette tribune "ne reflète en rien l'état d'esprit des armées aujourd'hui", qui est "républicaine", "pas politisée", qui "combat tous les jours pour son pays et "est à l'image de la société française".
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.