TRIBUNE. Cent femmes, dont Catherine Deneuve, dénoncent "ce féminisme qui prend le visage d'une haine des hommes"

TRIBUNE. Cent femmes, dont Catherine Deneuve, dénoncent "ce féminisme qui prend le visage d'une haine des hommes"

Catherine Deneuve le 9 décembre 2017 au casino de Monte Carlo à Monaco.

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Orange avec AFP, publié le mardi 09 janvier 2018 à 17h45

POLÉMIQUE. Dans Le Monde mardi, un collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve, Élisabeth Lévy ou Catherine Millet, regrette la dénonciation des violences sexuelles, dans le sillage de l'affaire Harvey Weinstein. "La drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste", estiment les auteures, qui voient, dans la mobilisation des derniers mois, une forme de "puritanisme". Elles défendent l'"indispensable liberté d'importuner" des hommes. Cette prise de position suscite de nombreuses réactions.  

"Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle", attaquent les auteures du texte publié mardi 9 octobre par Le Monde. Ce collectif de 100 femmes - dont Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie ou Catherine Millet - publie une tribune pour s'opposer à la "campagne de délations" apparue après l'affaire Weinstein, à rebours des réactions suscitées par ce scandale mondial. 

"Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste", écrivent ces comédiennes, écrivaines, chercheuses, ou journalistes. Elles rejettent le "puritanisme" apparu depuis les premières accusations de harcèlement et agression sexuels visant le puissant producteur américain. Selon elles, si "une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel" a eu lieu après l'affaire, "cette libération de la parole se retourne aujourd'hui en son contraire : on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices !"

"Justice expéditive" à l'encontre des hommes

"Campagne de délations", "justice expéditive" : des hommes ont été "sanctionnés dans l'exercice de leur métier, contraints à la démission, alors qu'ils n'ont eu pour seul tort que d'avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses 'intimes' lors d'un dîner professionnel ou d'avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l'attirance n'était pas réciproque", regrettent-elles. Le texte dénonce encore la "vague purificatoire" née avec les mouvements #Balancetonporc et #Metoo.

Pour les auteures, "cette fièvre à envoyer les 'porcs' à l'abattoir, loin d'aider les femmes à s'autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires et de ceux qui estiment (...) que les femmes sont des êtres à part, des enfants à visage d'adulte, réclamant d'être protégées".

"Ce féminisme qui prend le visage d'une haine des hommes et de la sexualité"

"En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d'une haine des hommes et de la sexualité", poursuivent les signataires. "Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle. Nous sommes aujourd'hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle", estiment les signataires. 

"Surtout, nous sommes conscientes que la personne humaine n'est pas monolithe : une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d'être l'objet sexuel d'un homme, sans être une 'salope' ni une vile complice du patriarcat. Elle peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d'un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Elle peut même l'envisager comme l'expression d'une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement", jugent les auteures. 

Nombreuses réactions indignées

Cette tribune a immédiatement suscité des commentaires indignés. Dans un tweet, l'ancienne ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol regrette "cette étrange angoisse de ne plus exister sans le regard et le désir des hommes. Et qui conduit des femmes intelligentes à écrire des énormes âneries".  De son côté, la militante féministe Caroline De Haas critique une "tribune pour défendre le droit d'agresser sexuellement les femmes (et pour insulter les féministes)".  "Révoltant. À rebours de la prise de conscience actuelle", s'indigne l'association Osez le féminisme, qui rappelle qu'"une femme sur six sera agressée ou violée au cours de sa vie".  De nombreux internautes prennent Catherine Deneuve, l'une des signataires, à partie. 

En mars, Catherine Deneuve avait apporté son soutien à Roman Polanski, accusé d'agressions sexuelles. Elle avait déclaré, dans "Quotidien" sur TMC, à propos de son inculpation en 1977, qu'elle avait "toujours trouvé que le mot de viol avait été excessif". Des propos jugés "déplacés" par le CSA.

 
250 commentaires - TRIBUNE. Cent femmes, dont Catherine Deneuve, dénoncent "ce féminisme qui prend le visage d'une haine des hommes"
  • Les féministes ne dénoncent ni les séducteurs, ni la drague qui ne font de mal à aucune femme.
    Le mouvement " balance ton porc " dénonce des agressions sexistes, des mauvais traitements, des viols qui font de certaines femmes, les plus faibles des victimes.
    Ce mouvement défend ces victimes.
    Cette tribune est donc complétement hors sujet, à côté de la plaque, ce qui en dit long sur le milieu de ces auteures en rien confrontées dans leur quotidien à ce type de violence.

  • il faut bien que ces femmes a l'origine de cette affaire s'occupent un peu
    Elles sont certainement des "bobos" a la tête d'associations pour occuper leurs journées d'inactivitè, et le fait de faire parler d'elles ne fait que les encourager dans leurs actions.
    Pauvres femmes ..... Si elles avaient a s'occuper de préparer a manger, laver, repasser, faire le ménage et combien d'autres corvées journalières que font toutes les autres femmes, qui n'ont pas leur chance d'avoir des bonnes qui leur font leur travail; elles ne perdraient certainement pas leur temps dans de pareilles bétises.
    Comme je les plains de devoir passer des journées entières a se demander a quoi elles vont s'occuper. Ne serais ce pas aussi la déception de ne pas vivre ces attouchements et regards langoureux ????

  • faut un juste milieu et du respect mutuel mais pour certains ça c est dur !

  • J'adore Catherine Deneuve et entend bien le fait qu'une drague maladroite n'est pas un délit tant qu'elle ne se transforme pas en harcèlement et en agression, que des jeux de séduction sont nécessaires et même plaisants , oui mais tant que la femme est consentante!!! dès qu'une drague maladroite devient lourde est insistante, qu'elle gêne l'élue voire l'angoisse, cette drague insistante devient alors du harcèlement!!! Quand une femme dit NON c'est NON, point final!!! Deneuve qui soutient Polanski est insoutenable, cette manière de banaliser des faits graves me choquent profondément ! C'est vrai que si elle prenait le métro, se baladait dans les cités, devienne la proie de gars vulgaires pour qui mettre une main aux fesses est légal car la femme ne mérite que cela, elle aurait un autre discours! Le problème est que Deneuve ne représente pas cette majorité de femmes qui ne fait que subir !

  • j.approuve totalement Deneuve et les 100 femmes.

    Moi aussi .... les âneries (comme le déclare l'ex Ministre Rossignol) ce sont toutes ces féministes enragées qui les débitent ...
    Que veulent t'elles ???? qu'on enferment les femmes dans des voiles ???? je suis horrifiée par tout ce qui dégage de cette
    polémique ......

    Moi aussi, j'approuve Catherine Deneuve et la remercie même pour défendre le cas des hommes.

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