Trente ans de réclusion requis contre Moussa Coulibaly pour l'attaque de militaires à Nice en 2015

Trente ans de réclusion requis contre Moussa Coulibaly pour l'attaque de militaires à Nice en 2015
Une balance de la justice

, publié le jeudi 12 décembre 2019 à 11h26

L'avocat général a requis jeudi à Paris trente ans de réclusion à l'encontre de Moussa Coulibaly pour avoir tenté d'assassiner au couteau trois militaires à Nice en février 2015, un peu moins d'un mois après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher. 

Le magistrat a également demandé à la cour d'assises spéciale d'assortir cette peine d'une période de sûreté des deux tiers, estimant que l'accusé de 35 ans, surtout connu pour des faits de petite délinquance jusqu'à son passage à l'acte, représentait "un véritable danger" pour la société. 

Ce "disciple de l'Etat islamique" est "l'un des tous premiers à avoir répondu" à l'appel de l'organisation terroriste à commettre des attentats sur le sol français, a souligné le magistrat, qualifiant Moussa Coulibaly de "pionnier" dans les attaques au couteau devenues "menaces quotidiennes". 

Le 3 février 2015, ce jeune radicalisé de Mantes-la-Jolie (Yvelines), tout juste expulsé de Turquie, avait, dans une artère commerciale très fréquentée de Nice, blessé avec un long couteau deux militaires en faction devant un centre communautaire juif, avant d'être maîtrisé par un troisième soldat. 

La scène avait été filmée par les caméras de surveillance de la ville. 

En garde à vue, Moussa Coulibaly avait clamé sa haine de la France, des policiers, des militaires et des juifs. 

A l'ouverture de son procès lundi, il avait pour la première fois reconnu "l'intégralité des faits", avant de revenir sur ses aveux mercredi, affirmant qu'il ne voulait "pas tuer" ces militaires. 

"Quand je vous entends dire que vous vouliez simplement balafrer les militaires pour les marquer au visage, je trouve que ce sont des explications qui vous font honte", a lancé l'avocat général à l'accusé, tête baissée et regard vide dans le box. 

Pour le représentant de l'accusation, l'intention de tuer, la détermination et la préméditation ne font "aucun doute". Moussa Coulibaly, porteur de deux couteaux dont l'un dissimulé dans une chaussette, était passé dans l'heure précédant l'attaque à trois reprises devant les militaires, a rappelé le magistrat. 

Ce dernier n'a par ailleurs trouvé "aucune circonstance atténuante" à l'accusé, qui bénéficiait d'un "entourage familial solide". 

Moussa Coulibaly, "toujours tenaillé par sa haine des institutions" n'a par ailleurs exprimé "aucun regret" à l'audience et s'était dit "prêt à recommencer", a estimé l'avocat général. 

L'accusation a toutefois requis l'acquittement pour l'infraction d'association de malfaiteurs terroriste, Moussa Coulibaly ayant "tout seul" tenté de rejoindre la Syrie et l'Etat islamique, avant d'être expulsé de Turquie en janvier 2015. 

Verdict attendu dans la journée.  

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