Transports en commun : au moins 267.000 personnes victimes d'atteintes sexuelles en 2014 et 2015

Transports en commun : au moins 267.000 personnes victimes d'atteintes sexuelles en 2014 et 2015
Le métro parisien le 28 octobre 2010.

Orange avec AFP, publié le mercredi 20 décembre 2017 à 11h18

SOCIÉTÉ. Une étude de l'Observatoire de la délinquance révèle que sur les 267.000 personnes victimes d'atteintes sexuelles, 44% l'ont été à plusieurs reprises.



Les chiffres font froid dans le dos, alors même que l'estimation est jugée "basse". Dans le métro, le bus, le RER, le tramway, au moins 267.000 personnes ont subi des atteintes sexuelles en France en 2014 et 2015, révèle une étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) dévoilée mardi 19 décembre par Le Figaro et Franceinfo. Une enquête réalisée avec le concours de l'Insee et de la sous-direction régionale de la police des transports de la préfecture de police de Paris.

Dans le détail, "près de 160.000 ont subi des gestes déplacés (notamment des baisers forcés ou des caresses) et plus de 110.000 ont subi des exhibitions. Plus de 160.000 ont subi d'autres actes tels que des attouchements sexuels, ou des rapports sexuels ou tentatives de rapports sexuels non désirés". Près de la moitié (44%) ont été victimes d'atteintes sexuelles à plusieurs reprises.

85% DES VICTIMES SONT DES FEMMES

Selon l'ONDRP, "85% des victimes sont des femmes", qui subissent le plus souvent un contact physique avec l'agresseur. Les jeunes femmes sont par ailleurs plus exposées que leurs aînées : "le taux de victimation des métropolitaines ayant de 18 à 21 ans atteint 2,3%. Jusqu'à 30 ans, le taux est relativement stable. Après 30 ans, il diminue régulièrement pour atteindre 0,3% pour les femmes de plus de 45 ans". Les Franciliennes sont les plus exposées, 7,6% des 18-21 ans reconnaissant avoir été victimes de ces atteintes.

Les hommes sont quant à eux plus souvent exposés à des cas d'exhibition (52%).

L'étude met également en avant des atteintes sexuelles jugées nouvelles, comme l'upskirting, qui consiste à soulever la jupe d'une femme et filmer sous celle-ci, ou l'exposition forcée à des images obscènes, comme une photo ou un film pornographique.

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