Trains de nuit Intercités : la moitié des lignes vont fermer au 1er octobre

Trains de nuit Intercités : la moitié des lignes vont fermer au 1er octobre
Un train Intercités en direction de Nice en mai 2015 (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le jeudi 21 juillet 2016 à 14h58

- Le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, l'a annoncé ce jeudi : quatre des huit lignes de trains Intercités de nuit fermeront à partir du 1er octobre si aucun opérateur privé ne veut les reprendre et que les régions concernées ne les financent pas. L'État avait annoncé l'arrêt des subventions l'année dernière.

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Les lignes Intercités de nuit Paris Austerlitz-Toulouse/Rodez-Carmaux-Albi, Paris Austerlitz-Chambéry (Savoie), Luxembourg-Nice et Strasbourg-Nice vont être fermées à partir du 1er octobre 2016, a annoncé ce jeudi Alain Vidalies. "Je confirme la décision du gouvernement de ne plus financer l'exploitation de ces lignes, mais je reste à l'écoute de toute offre de reprise" ou "de financement tiers, c'est-à-dire par les régions", a-t-il déclaré, signalant qu'une discussion "est en cours entre la région Occitanie et SNCF Mobilités" au sujet de la liaison Toulouse-Cerbère.

Les lignes reliant Paris à Hendaye-Irun (Espagne) et Paris à Nice bénéficieront, elles, d'un sursis, respectivement jusqu'en juillet et octobre 2017. Les liaisons Paris Austerlitz-Briançon (Hautes-Alpes) et Paris-Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales)-Luchon-Cerbère, "un peu moins déficitaires que les autres", seront maintenues comme annoncé en février par le gouvernement. Ces lignes sont jugées "indispensables en raison de l'absence d'une offre alternative suffisante pour les territoires concernés".

3% DU TRAFIC INTERCITÉS

Cette décision vise à résorber les pertes financières des trains de nuit, qui ne transportent que 3% des voyageurs mais représentent un quart du déficit des Intercités (au moins 400 millions d'euros prévus cette année), soit "plus de 100 euros de subvention publique" par billet vendu, a rappelé ce jeudi le secrétaire d'État aux Transports. La majorité du trafic se déroule dans le grand bassin parisien. "Depuis 2011, la fréquentation a chuté de 25%, rendant l'exploitation de ces lignes financièrement insoutenable", expliquait le ministère en février. "Aujourd'hui, ces trains ne répondent plus de manière satisfaisante aux attentes des voyageurs, termes de dessertes comme de qualité de service".



Jusqu'à maintenant, aucun opérateur privé n'a répondu de manière satisfaisante à l'appel à manifestation d'intérêt lancé en avril par le gouvernement pour les six lignes qui ne seront pas conservées. Le groupe français Transdev (filiales de la Caisse des dépôts et de Veolia) a proposé de reprendre les deux lignes les moins déficitaires que l'État entend garder, pour éventuellement "en sauver une ou deux de plus". Mais cette réponse "ne correspondait pas à la demande", a estimé Alain Vidalies, indiquant toutefois que "la porte reste ouverte pour trouver une solution" qui "n'implique pas les finances de l'État".

Le 13 juillet, la CGT avait estimé "urgent" qu'un accord soit trouvé entre l'État et la SNCF pour maintenir les trains de nuit, "maillon vital" du service public de transport. La centrale syndicale avait jugé que le tout TGV "ne répond pas à tous les enjeux et besoins". Pour la CGT-Cheminots et l'Union interfédérale des transports CGT, "l'État refuse d'assumer sa responsabilité dans la dette de la SNCF" (50 milliards d'euros fin 2015), ce qui a conduit à "des choix entraînant la dégradation" de certaines lignes, "qui répondent pourtant à des besoins de déplacement" au vu des "34,2 millions de voyages par an (soit 100.000 voyageurs/jour)" enregistrés. La CGT avait proposé, pour équiper ces trains "d'un matériel digne du XXIe siècle", que les ingénieurs de la SNCF et d'Alstom "travaillent ensemble à l'élaboration de nouvelles voitures couchettes".

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