Tourisme en France : soulagés, les professionnels du secteur redoutent l'arrière-saison

Tourisme en France : soulagés, les professionnels du secteur redoutent l'arrière-saison
(Photo d'illustration)
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, publié le dimanche 30 août 2020 à 10h20

Les Français ont répondu à l'appel du gouvernement de privilégier des vacances en France. Mais l'engouement n'a pas permis d'effacer les pertes liées au confinement, et l'embellie pourrait ne pas durer.

Activités sportives en pleine nature, visites culturelles et gastronomiques loin des foules drainées par le littoral: pour nombre de Français, le bonheur était dans le pré lors d'un été 2020 marqué par la pandémie de coronavirus.


Post-confinement, avec des liaisons aériennes vers l'étranger drastiquement réduites, la campagne et la moyenne montagne ont beaucoup attiré, en particulier les "espaces à l'image de destination préservée comme les Vosges, le Jura, la Dordogne, l'Ardèche, l'Aveyron, la Lozère", résume Didier Arino, directeur général du cabinet Protourisme.

Sur le seul mois de juillet, les nuitées tous hébergements confondus en France, hors littoral et zones urbaines, ont ainsi bondi à 129 millions contre 122 millions un an plus tôt, selon les données les plus récentes de Protourisme.

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, "la carte postale, c'est la mer, le littoral.

Mais, la montagne n'a jamais fait une aussi bonne saison que cette année", assure à l'AFP le président du Comité régional du tourisme, François de Canson. Dans les Hautes-Alpes, avec 366 millions d'euros de recettes (+11%), le record a été battu. 

Les réservations de dernière minute ont la cote

Dans les Vosges, "les réservations de dernière minute ont permis un bon rattrapage", mais le bilan est contrasté entre la plaine et le massif, analyse l'observatoire du tourisme du conseil départemental.

Le Jura a connu "100% de taux d'occupation dans le secteur locatif" entre le 20 juillet et le 22 août, "ce qui n'était jamais arrivé auparavant", selon Jean-Pascal Chopard, directeur du comité départemental du tourisme.

Un peu partout sur le territoire, le cyclotourisme (+30% de fréquentation des 3.500 km d'itinéraires cyclables des Pays-de-la-Loire) ou les via ferrata, comme les zones de lacs, les rivières propices au rafting, au canyoning ou au canoé, ont connu un fort succès.

Et alors que nombre de manifestations et d'événements culturels étaient annulés, les activités "liées aux traditions gastronomiques, culinaires, comme la visite des caves fromagères de Beaufort ou l'atelier du Piment d'Espelette, ou au patrimoine, avec la découverte de petits châteaux, ont connu une progression importante, à la différence des grands sites ou du tourisme oenologique, dépendants des clientèles étrangères", note Didier Arino.

Si les locations meublées comme celles des Gîtes de France ou les hôtels de une à trois étoiles ont souvent fait le plein, les campings et les villages de vacances ont été en retrait par rapport à l'été 2019, et les établissements hauts de gamme, privés de touristes étrangers, ont vu leur activité baisser, parfois fortement. 

Tourisme franco-français

Sur la plateforme Airbnb, les logements en zones rurales "ont été loués à 80% par des Français contre 60% en 2019. Ils sont partis moins loin, plus longtemps et en famille, dans des maisons avec jardin", indique à l'AFP son directeur des activités françaises, Emmanuel Marill.

En Bretagne, l'été a offert "une bouffée d'air frais aux professionnels", sans toutefois leur permettre de "compenser les pertes du printemps" selon le comité régional du tourisme. Quant à "la reprise de la circulation du virus en France", elle a "stoppé les envies de vacances tardives".
Dans les Pays-de-la-Loire, "la médiatisation de la situation sanitaire en Mayenne en plein cœur de l'été" a provoqué "jusqu'à 80% d'annulation des réservations de clients étrangers", selon l'agence de développement économique.

Quant à l'arrière saison, elle s'annonce morose : "On sait que le 3e âge ne partira pas et que la clientèle étrangère ne sera pas au rendez-vous", souligne Laurent Barthélémy, président de l'Umih, principal syndicat de l'hôtellerie-restauration, en Nouvelle Aquitaine.

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