Tourcoing : une caissière d'Auchan licenciée pour "une erreur de 85 centimes d'euro" ?

Tourcoing : une caissière d'Auchan licenciée pour "une erreur de 85 centimes d'euro" ?
Employée depuis 2011, la salariée affirme avoir été licenciée pour une erreur de caisse de 85 centimes (photo d'illustration).
A lire aussi

, publié le mardi 02 août 2016 à 12h56

- Une caissière d'un supermarché Auchan City de Tourcoing (Nord) a été licenciée début juillet pour avoir laissé passer une boîte de sauce tomate à 85 centimes et avoir délibérément accordé, selon sa direction, une promotion indue à une cliente. La CGT a annoncé à La Voix du Nord, sa volonté de porter l'affaire devant les Prud'hommes.

-

Les faits remontent au samedi 9 juillet. Ce jour-là, Stéphanie, surveille de son écran les six caisses automatiques du supermarché Auchan City de Tourcoing. "Une dame est passée en caisse et m'a demandé de soustraire deux paquets de pâtes sur les quatre de ses achats, ce que j'ai fait de mon pupitre", explique-t-elle à La Voix du Nord. "À mon insu, alors que je surveillais les opérations depuis mon écran et les six caisses du poste, elle a rajouté un article qui n'a pas été scanné". Un vol, intentionnel ou non, qui n'a pas échappé au service de sécurité du magasin qui a demandé à la cliente de s'expliquer et de régler la somme due de 85 centimes d'euro.

LICENCIÉE POUR FAUTE GRAVE

"J'ai terminé mon service normalement et je n'ai pas été sanctionnée", précise la caissière, âgée de 41 ans et mère de trois enfants. L'histoire ne va cependant pas s'arrêter là : deux jours plus tard, Stéphanie est dirigée, à son arrivée au travail, auprès du chef de service. "Celui-ci m'a remis un courrier me stipulant une mise à pied conservatoire de onze jours", explique-t-elle au quotidien. "Comment peut-on me reprocher ça ? Ce n'est pas possible", estime-t-elle sur Europe 1. "Surtout pour 85 centimes. J'aurais laissé passer un truc à 100 euros, oui. Mais 85 centimes...", ajoute-t-elle. "S'il fallait dépanner le dimanche, j'y allais. Et je n'ai jamais posé un arrêt en cinq ans et demi", fait-elle également valoir.



Stéphanie est convoquée à un entretien de licenciement le 22 juillet mais ne s'y rend pas. "J'étais bouleversée et mon médecin m'a mise en arrêt maladie", justifie-t-elle. Elle est finalement licenciée le 28 juillet pour faute grave. "Elle a le sentiment d'avoir été licenciée pour 0,85 euros", résume dans La Voix du Nord, Habib Hamdoud, délégué syndical du personnel. "La plus grande fortune de ce pays, maître incontesté du patronat local vient de plonger une famille très modeste dans une précarité encore plus grande", dénonce de son côté l'Union locale CGT de Tourcoing.

"UN LICENCIEMENT INFÂME" POUR LA CGT

"Nous serons à ses côtés pour contester ce licenciement infâme et pour exiger sa réintégration sur un autre site du groupe", ajoute la centrale. "Nous allons également la mettre en relation avec nos avocats". Stéphanie se dit, elle, "prête" à aller jusqu'aux Prud'hommes.

Les responsables du Auchan City contestent la version de la caissière et assument totalement leur décision. En plus de la sauce tomate, ils reprochent à leur ancienne employée d'avoir accordé délibérément une promotion indue à la cliente en lui laissant quatre paquets de pâtes pour le prix de deux. Le chef de la sécurité dénonce, enregistrements vidéo à l'appui, "une manipulation frauduleuse volontaire" de la caissière. "Elle était de connivence : il y a malversation. Il n'y a plus de doute pour nous : les faits sont avérés, les preuves patentes et cela mérite sanction", estime-t-il. "On ne peut pas mettre un agent de sécurité derrière chacun d'entre eux ! À partir du moment où cette confiance est bannie, le contrat est rompu : c'est un principe intangible".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.