Toulouse : une famille se bat pour sauver sa maison, ancien abri de résistants

Toulouse : une famille se bat pour sauver sa maison, ancien abri de résistants©Capture Google Street View

, publié le dimanche 22 novembre 2020 à 12h22

Un couple se bat pour éviter la destruction de sa maison nous raconte 20 Minutes. La mairie entrevoit d'y agrandir un jardin municipal.
 
C'est peut-être désormais le combat de leur vie : sauver leur maison de la destruction.

Comme le racontent nos confrères de 20 Minutes, le couple vit depuis plus de huit ans dans le quartier Bonnefoy à Toulouse (Haute-Garonne). Dans les faits, ils sont locataires depuis 2012 et sont parvenus à convaincre le propriétaire de racheter la maison puisque celui-ci voulait vendre. Jusque-là, aucun problème, d'autant que le couple avec ses trois enfants était parvenu à obtenir un prêt et avait signé un compromis de vente au mois de juin. Sauf que la mairie a fait jouer son droit de préemption et compte détruire la maison. "Le projet est d'agrandir le jardin Lapujade, en détruisant la maison en ruines du n° 19, qui appartient déjà à la mairie, et la nôtre", explique à 20 Minutes la mère de famille. Pour eux, il n'y a pas besoin de détruire leur maison pour agrandir le jardin. En outre, le couple a effectué de nombreux travaux à l'intérieur.
 
Mais surtout, cette maison a une histoire, puisqu'il s'agit d'une maison ouvrière datant du début du XXe siècle qui a abrité des résistants pendant la Seconde Guerre mondiale. Alors, le couple toulousain a décidé de lancer une page Facebook pour médiatiser son combat. Une page suivie par déjà plus de 500 personnes tandis que les médias "se succèdent" dans la bâtisse, explique le père de famille, pour faire écho de leur combat.
 
Les prix ont flambé dans le quartier
 
Ce 17, chemin Lapujade a abrité les activités clandestines d'un groupe de francs-tireurs et partisans français (FTPF), ajoute 20 Minutes, et notamment un homme, Louis Taudou, qui a échappé à une rafle de la Gestapo. Cependant, la mairie ne semble pas encline à conserver la maison, comme le détaille la présidente d'Europolia, Annette Laigneau, la société publique locale d'aménagement de Toulouse Métropole, qui met en avant la nécessité de préserver des espaces de verdure dans la ville, une volonté du maire LR Jean-Luc Moudenc.



Sauf qu'il y a déjà un jardin 200 mètres plus loin, fait valoir la famille. Annette Laigneau ne semble pas non plus émue outre-mesure par le passé historique des lieux. "L'histoire de la Résistance n'est pas de la banalité, mais l'histoire de cette maison est banale dans le sens où des maisons autour de la gare Matabiau qui ont caché des résistants dont les cheminots se sont fait les protecteurs, il y en a d'autres", réagit-elle. S'il doit partir finalement, le couple s'inquiète tant les prix ont grimpé dans leur quartier. Ils comptent sur la médiatisation de leur combat, et la mobilisation de leurs voisins ainsi que des associations d'anciens résistants.

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