Toulouse : un policier condamné pour avoir gazé un handicapé "gilet jaune" sur la foi d'une vidéo

Toulouse : un policier condamné pour avoir gazé un handicapé "gilet jaune" sur la foi d'une vidéo
Manifestation de "gilets jaunes" à Toulouse, le 5 janvier 2019.

, publié le samedi 28 novembre 2020 à 13h39

"Cette affaire démontre que la vidéo est essentielle dans le cadre d'un procès mettant en cause un policier", estime l'avocate de la victime, alors que la proposition de loi "sécurité globale" prévoit de restreindre la possibilité de filmer les forces de l'ordre.

Quand la justice rejoint l'actualité. Alors que de nouvelles manifestations sont prévues samedi 28 novembre en France contre la proposition de loi "sécurité globale" et sa mesure phare, qui prévoit de restreindre la possibilité de filmer les forces de l'ordre, un policier a été condamné vendredi à Toulouse, sur la base d'une vidéo diffusé sur les réseaux sociaux, à 4 mois de prison avec sursis pour avoir gazé un tétraplégique en fauteuil lors d'une manifestation des "gilets jaunes".




Le 2 mars 2019, ce commandant de police qui dirigeait la Compagnie de sécurisation et d'intervention de Toulouse avait arraché le masque à gaz que portait un handicapé en fauteuil pour se protéger lors d'un rassemblement des "gilets jaunes".

Alors que ce dernier avait rapproché son fauteuil motorisé du policier pour lui demander de lui restituer son masque, le fonctionnaire l'avait gazé à bout portant avec une bombe lacrymogène. "On m'a arraché mon masque de ski et on ne voulait pas me le rendre. Alors j'ai suivi le policier. Je voulais juste qu'il me le rende", expliquait à l'époque le "gilet jaune", rapporte Le Parisien. 

"Cette affaire démontre que la vidéo est essentielle dans le cadre d'un procès mettant en cause un policier", a déclaré à l'AFP l'avocate de la victime, Me Claire Dujardin. "La vidéo a été prise par un citoyen sur son balcon et c'est grâce à sa diffusion sur les réseaux sociaux que le procureur de la République de Toulouse a saisi l'IGPN", a encore indiqué Me Dujardin.

Evoquant le scandale du tabassage par des policiers d'un producteur de musique noir dans un studio de musique parisien, l'avocate a souligné que "la diffusion est aussi importante que de filmer" dans de tels dossiers.
 

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