Touchés par le Covid-19, des contrôleurs SNCF continueraient d'aller travailler

Touchés par le Covid-19, des contrôleurs SNCF continueraient d'aller travailler
La gare de Bordeaux Saint-Jean, le 31 août 2020

, publié le mardi 29 septembre 2020 à 17h30

Porteurs du Covid-19, ils continueraient d'aller travailler. Des contrôleurs de la SNCF feraient fit des obligations sanitaires pour ne pas être en arrêt maladie, et ne pas perdre une partie trop importante de leur salaire, selon les informations du Parisien dévoilées ce lundi, qui a enquêté auprès des syndicats de la compagnie ferroviaire.

Si l'ampleur du phénomène est impossible à mesurer, la situation est potentiellement explosive à la SNCF.

Des contrôleurs de la compagnie ferroviaire continueraient d'aller travailler alors qu'ils sont porteurs du Covid-19, par peur de perdre une partie significative de leur salaire. C'est ce qu'a révélé lundi 28 septembre Le Parisien. Le quotidien a enquêté auprès d'un syndicat de la compagnie, qui a confirmé cette pratique. 

A la fin de la semaine dernière, la SNCF comptabilisait au moins 320 contaminations reconnues au virus sur les 140 000 cheminots, et plus de 600 cas contacts, rapporte le journal. Or, certains employés contaminés ne se déclareraient pas, un comportement relevant du pénal pour mise en danger de la vie d'autrui. La CFDT Cheminots aurait tenté de mettre fin à ce phénomène après la découverte de quatre agents contaminés sur le réseau low cost de la SNCF Ouigo dès la fin du mois d'août.



"Pression des collègues"

Le phénomène a été relevé fin août après la découverte de quatre cheminots contaminés sur le réseau low cost de la SNCF Ouigo par la CFDT Cheminots, et qui avaient gardé le silence sur leur contamination. "Parfois sous la pression de leurs collègues, inquiets d'être identifiés comme des cas contacts" explique un membre de la SNCF. "Personne ne veut être en arrêt maladie et perdre de l'argent. Et on ne peut contraindre personne à faire un test".

L'origine du problème, selon le syndicat : la part de salaire variable tronquée en cas d'arrêt maladie. Le Parisien explique en effet que le revenu d'un contrôleur, composé d'une part fixe et d'un tiers d'une part variable - les EVS, éléments variables de solde - voit cette dernière supprimée lorsque l'employé ne travaille pas. Le revenu passe ainsi par exemple de 1900 euros à 1250 euros par mois, sans compter les jours de carence ôtés en raison de l'arrêt maladie, qui varient de un à trois jour selon les statuts. 

Les mesures d'urgence prises, considérées comme insuffisantes par la CFDT Cheminot

Dès le 2 septembre, la CFDT Cheminots a alerté la direction, pour le réseau Ouigo seulement, sollicitant une rencontre, qui a eu lieu le 7 septembre. Le syndicat réclamait alors en urgence le "maintien du niveau moyen individuel de rémunération des salariés atteint de la Covid-19 ainsi que pour les salariés de contact 1 placés en quarantaine pour cause de Covid-19".

Requête reçue, mais uniquement pour les cas contacts. Ceux-ci ne sont plus placés en arrêt maladie mais en congé. "Sans qu'on touche à leur quota de congé annuel". Pour les contractuels, les journées de carence sont également supprimées. Des mesures d'urgence qui ne satisfont pas totalement les cheminots. Valables que jusqu'au 10 octobre, elles ne répondent pas à la problématique de la perte des EVS.

D'autres professions dont le salaire est aussi soumis à une part variable pourraient également être touchées par ce phénomène. Le 9 septembre, l'association des DRH des grandes collectivités avait appelé dans un communiqué le gouvernement de suspendre, de nouveau comme pendant lm'état d'urgence sanitaire, le jour de carence en cas d'arrêt maladie.

 

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