Tirs sur une gendarmerie corse : neuf personnes mises en examen

Tirs sur une gendarmerie corse : neuf personnes mises en examen
Un tag du FLNC, organisation qui avait revendiqué les tirs, en Corse, en 2019.

, publié le samedi 10 octobre 2020 à 20h20

A la suite des douze interpellation menées par la section antiterroriste en Corse, neuf personnes ont été mises en examen pour "association de malfaiteurs terroriste". Parmi elles, le militant nationaliste Jean-Pierre Santini.

L'enquête sur les coups de feu qui avaient visé une gendarmerie le 14 juillet s'est brusquement accélérée. La section antiterroriste de la police judiciaire et la gendarmerie avaient procédé mardi 6 octobre à douze arrestations dans les deux départements de Corse dans cette enquête qui visait ces tirs mais aussi leur revendication.


Samedi, neuf personnes ont été présentées à un juge et mises en examen pour "association de malfaiteurs terroriste correctionnelle", "destruction ou dégradation en réunion" et pour le "transport et l'acquisition d'armes de catégorie A ou B", le tout en relation avec une entreprise terroriste.

Trois de ces personnes ont été placées dès samedi en détention provisoire, parmi lesquelles le militant nationaliste et écrivain Jean-Pierre Santini, né en 1944, selon la source judiciaire. Deux ont vu le débat sur la question de leur placement éventuel en détention provisoire différé à la semaine prochaine et sont incarcérées dans l'attente.

Quatre autres ont été placées sous contrôle judiciaire. Trois autres personnes qui avaient été placées en garde à vue à l'issue du coup de filet de mardi ont, elles, été relâchées sans suites judiciaires.

Ces interpellations avaient été effectuées dans le cadre d'une commission rogatoire de juges d'instructions antiterroristes parisiens portant sur plusieurs faits: des tirs d'arme à feu perpétrés dans la nuit du 13 au 14 juillet dernier contre le siège du groupement de gendarmerie de Haute-Corse dans le quartier de Montesoro à Bastia ainsi que deux conférences de presse les 14 juillet 2020 et 27 septembre 2019.

Tirs revendiqués par le FLNC

Les tirs avaient en effet été revendiqués le 14 juillet par un commando de quatre hommes armés et cagoulés se réclamant du Front de libération nationale corse (FLNC).

Ils étaient sortis du maquis derrière le couvent de Saint Antoine de Casabianca (Haute-Corse), où se tenait un rassemblement "patriotique" corse, et l'un des membres de ce groupe armé avait lu un texte en langue corse revendiquant "des tirs" contre la gendarmerie de Montesoro à Bastia.

Selon la vidéo alors partagée sur les réseaux sociaux, les quatre hommes du FLNC avaient terminé leur intervention par une salve de coups de feu tirés en l'air après avoir demandé au "gouvernement français" de "mettre en œuvre un vrai processus de reconnaissance du peuple corse et de décolonisation".

Le parquet antiterroriste avait été saisi après cette revendication et une information judiciaire avait ensuite été ouverte et confiée à des juges d'instruction antiterroristes.

Reprise des armes par des branches du FLNC

Après quatre décennies marquées par plus de 4.500 attentats revendiqués, la branche principale du FLNC avait pris la "décision historique" de déposer les armes en 2014, mais d'autres branches de l'organisation corse ont depuis revendiqué des actions violentes. Le 1er octobre 2019, Corse-Matin avait rendu publique l'annonce d'une "reconstitution" du FLNC par un petit groupe d'hommes encagoulés et vêtus de noir qui avaient tenu une conférence de presse clandestine quelques jours plus tôt.
 

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