Thierry Dol, ex-otage au Sahel, demande réparation et justice

Thierry Dol, ex-otage au Sahel, demande réparation et justice
Thierry Dol, le 9 novembre 2013 retourne en Martinique, après plus de trois ans de captivité aux mains d'Aqmi.

Orange avec AFP, publié le dimanche 18 décembre 2016 à 09h27

Il a été détenu trois ans au Sahel par les jihadistes d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Thierry Dol a été libéré en octobre 2013 après plus de trois ans de captivité.

Aujourd'hui, il attend toujours réparation de l'État et en appelle à François Hollande dans le Journal du dimanche, ce 18 décembre 2016.

"Il n'y a pas de prix à la souffrance mais il y a un cadre. On nous fait passer pour des quémandeurs alors qu'il suffit d'appliquer le droit et qu'on puisse enfin tourner la page". Plus de trois ans après sa libération, ce grand gaillard martiniquais de 36 ans témoigne dans le JDD de sa situation. Le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme, le FGTI, n'a toujours pas réglé son indemnisation et il a décidé de déposer deux plaintes, l'une contre l'État pour non-assistance à personne en danger, et la seconde contre Areva et la filiale africaine de Vinci pour "abstention d'empêcher un crime ou un délit".



Son calvaire débute en 2010. Le 16 septembre exactement. Alors qu'il est employé comme ingénieur à Arlit au Niger pour Areva, il est enlevé à son domicile par un des émirs d'Aqmi, Abou Zeid. Commence alors un calvaire de plus de trois ans qui s'achève le 30 octobre 2013. De ses 1.139 jours de captivité, le Français bloque encore sur certains épisodes. "Il y a des scènes que j'arrive à décrire. D'autres non. Émotionnellement, c'est trop fort.", explique-t-il au JDD.

Mais alors qu'il consulte régulièrement le professeur Louis Jehel, président de la Société française de psychotraumatologie pour panser ses plaies, Thierry Dol subit un nouvel épisode traumatisant : il est à Paris le 13 novembre 2015 quand retentissent les bombes du commando jihadiste. Dans sa chambre d'hôtel, devant le match de foot France-Allemagne. Les images lui sont insupportables. "Une prise d'otage comme celle que Thierry Dol a subie, c'est une confrontation à la mort qui se reproduit ; une menace qui persiste dans le temps. Cela entraîne un sentiment d'insécurité totale dans lequel les fondations de la vie elles-mêmes sont complètement déstabilisées", explique le spécialiste. L'ex-otage replonge dans l'enfer du Sahel. "Je suis alors entré dans un processus suicidaire. Comme si je culpabilisais de m'en être sorti".


Grâce entre autres à l'accompagnement du professeur Jehel, Thierry Dol a fini par se sortir ces idées noires de la tête et tente désormais de retrouver le goût de vivre. L'ingénieur martiniquais est en arrêt pour "accident du travail" et tente par tous les moyens d'accélérer la mise en place de son indemnisation. Pour l'instant, la justice est longue. Son avocat Me Ursulet demande l'application de la jurisprudence "Jolo" pour que les anciens otages d'Arlit obtiennent enfin réparation. Le président Hollande "les a accueillis à leur descente d'avion. Les discours de compassion, c'est bien mais ça ne suffit pas. Il doit être le garant du suivi". Les otages de Jolo aux Philippines avaient obtenu au début des années 2000, 2.000 euros par jour de captivité. L'avocat de Thierry Dol n'en demande pas moins.

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