Tétraplégique, son voyage en avion tourne au calvaire

Tétraplégique, son voyage en avion tourne au calvaire
La compagnie aérienne a refusé dans un premier temps de dédommager et prendre en charge la jeune tétraplégique (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le mardi 08 août 2017 à 18h26

HANDICAP - Une passagère tétraplégique a récupéré son fauteuil hors d'usage à l'arrivée d'un vol Los Angeles-Paris, le 3 août dernier, l'empêchant de rentrer chez elle à Lyon. Elle n'a pu regagner son domicile que le lendemain après des heures de calvaire.

Lucie Carrasco, une jeune lyonnaise de 36 ans, atteinte d'une maladie génétique neuromusculaire la rendant tétraplégique, a vécu un véritable cauchemar au retour d'un voyage aux Etats-Unis, dont elle se dit "éprouvée" dans Le Parisien qui publie son témoignage.



Le jeudi 3 août 2017 aux alentours de 20 heures, le vol Air Los Angeles-Paris opéré par la compagnie islandaise low cost WOW Air atterrit à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, après une escale à Reykjavik, en Islande.

La jeune femme doit alors récupérer son fauteuil électrique de 90 kilogrammes et d'une valeur de 30.000 euros.

7 HEURES IMMOBILISÉE SUR UNE BANQUETTE DE L'AÉROPORT

"Evidemment, il n'était pas là. J'ai dû attendre une heure trente avant qu'on me l'apporte", raconte-t-elle. Quand on lui apporte enfin, elle constate que l'appareil médical est cassé. Son accompagnatrice en informe la compagnie afin d'obtenir la réparation du fauteuil ainsi qu'une solution pour rentrer à Lyon.

Sans fauteuil, il est impossible pour la tétraplégique de prendre son train. "La compagnie a refusé, alors que c'est vital pour moi. Mon fauteuil, c'est mes bras, mes jambes. Sans ça, je ne peux rien faire", explique Lucie Carrasco, qui va alors passer sept heure allongée sur une banquette de l'aéroport.

"C'ÉTAIT TRÈS HUMILIANT"

Pendant ce temps, le personnel d'Aéroports de Paris (ADP) la prend en charge et tente de contacter la compagnie aérienne. "Ils ont été extraordinaires, ils sont restés à mes côtés jusqu'au bout", témoigne-t-elle.

Mais l'attente est longue est douloureuse : "Je souffrais. Pourtant, je suis très résistante", dit-elle au Parisien, avant d'ajouter qu'elle doit également se soulager devant tout le monde. "C'était très humiliant", confie-t-elle.

UN RAPATRIEMENT À LYON DIFFICILE

WOW air accepte après de longues négociations de payer une ambulance pour le transfert de Lucie Carrasco à Lyon. Il est alors 2h54 du matin. Mais ce voyage s'est également avéré difficile pour la jeune femme :

"J'ai été prise en charge par deux employés qui n'étaient pas ambulanciers et ne savaient pas me manipuler ! L'un d'eux fumait, roulait n'importe comment. Je suis arrivée chez moi le lendemain à 11 heures du matin ! Je pensais que ça n'allait jamais s'arrêter. C'était comme dans un mauvais film".

Elle précise également qu'elle a dû débourser 400 euros en plus pour le voyage en avion "pour être placée à l'avant avec mon accompagnatrice et avoir un siège plus large".

UNE PLAINTE ENVISAGÉE

La compagnie aérienne, qui dit "regretter que la passagère ait dû passer cette épreuve", souligne qu'elle a déboursé 2.000 euros pour l'ambulance.

Insatisfaite et révoltée par cette réponse, Lucie Carrasco compte porter plainte. "On mérite tous d'être traités dignement. Je ne suis pas porte-parole des personnes handicapées, mais je ne peux pas accepter que cela se produise pour d'autres. On me dit d'être raisonnable, d'arrêter de voyager, ça jamais !", assure-t-elle.

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