Terrorisme : Laurent Nuñez voudrait un "meilleur partage d'informations" entre les services de renseignement et la psychiatrie

Terrorisme : Laurent Nuñez voudrait un "meilleur partage d'informations" entre les services de renseignement et la psychiatrie
Le coordonnateur national du renseignement, Laurent Nuñez, en janvier 2020.

publié le lundi 26 avril 2021 à 11h45

Pour le coordonnateur national du renseignement, quand un individu, "manifestement sous l'emprise de la radicalisation religieuse", "fait état de troubles psychiatriques, on a la faiblesse de penser qu'il serait utile que des services de renseignement puissent bénéficier" de ces informations. 

Faut-il signaler les troubles psychiatriques d'individus radicalisés aux services de renseignement ? Après l'attaque vendredi d'une agente administrative travaillant au commissariat de Rambouillet (Yvelines) par un assaillant présentant des "troubles de la personnalité", le coordonnateur national du renseignement, Laurent Nuñez, a plaidé lundi 26 avril pour un "meilleur partage d'informations" entre les services de renseignement et de la psychiatrie, dans le cadre de la lutte antiterroriste.



"Nous travaillons avec le monde de la psychiatrie, il y a des réflexions qui sont en cours. L'idée qui est la nôtre, c'est qu'on pourrait avoir un meilleur partage d'informations", a expliqué Laurent Nuñez sur France Inter.

Quand un individu, "manifestement sous l'emprise de la radicalisation religieuse", "consulte un psychiatre et fait état par ailleurs de troubles psychiatriques, on a la faiblesse de penser (...) qu'il serait utile peut-être que des services de renseignement puissent bénéficier" de ces informations, a poursuivi l'ancien directeur général de la sécurité intérieure (DGSI).

"Certains individus, qui peuvent être fragiles, avoir des troubles psychologiques à un moment de leur vie, sont sans doute plus influençables et plus perméables à ce genre de thèse et nous serions bien irresponsables de ne pas nous attaquer à ce problème", a ajouté Laurent Nuñez.



Le projet de loi antiterroriste qui sera présenté mercredi par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin propose d'ailleurs que les préfets, responsables du suivi des personnes radicalisées dans leur département, soient désormais également destinataires des informations relatives à leur prise en charge psychiatrique.

Jamel Gorchene, le Tunisien qui a tué au couteau Stéphanie M. avant d'être abattu par un policier, avait bénéficié à sa demande de deux consultations psychiatriques les 19 et le 23 février dernier, sans qu'elles débouchent sur une hospitalisation ou un traitement. Son père, actuellement en garde à vue avec deux cousins de l'assaillant, avait constaté "des troubles de comportement chez son fils en début d'année", selon le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard. Des membres de sa famille en Tunisie ont évoqué une "dépression".

Un hommage sera rendu à Stéphanie M. ce lundi à 17h30 devant l'hôtel de ville de Rambouillet. A la même heure, les syndicats Unité-SGP-Police et FSMI FO ont appelé les forces de l'ordre à "se rassembler symboliquement devant leur bâtiment".
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.