Terrorisme : Éric Ciotti pour une inscription avec la carte d'identité sur les réseaux sociaux

Terrorisme : Éric Ciotti pour une inscription avec la carte d'identité sur les réseaux sociaux
Éric Ciotti lors d'une manifestation contre "la haine anti-flic", le 18 mai à Paris.

publié le vendredi 05 août 2016 à 09h02

- Pour en finir avec l'anonymat sur les réseaux sociaux, Éric Ciotti propose que chaque utilisateur présente sa carte d'identité pour s'inscrire. Un bon moyen pour en finir avec "l'impunité qui règne sur internet" ? -

Fournir une pièce d'identité avant de s'inscrire sur Facebook, Twitter ou n'importe quel autre réseau social.

C'est l'idée d'Éric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes, bien décidé à contrôler internet. Dans une interview à Nice-Matin publiée jeudi, il développe son idée : "Pour mettre fin à cette impunité qui règne sur internet, je propose de rendre obligatoire pour les réseaux sociaux la vérification de l'identité de leurs membres. Ainsi, si quelqu'un veut ouvrir un compte Twitter, Facebook ou encore Snapchat, il devra au préalable fournir une pièce d'identité au site", a expliqué le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.



Éric Ciotti reconnaît le droit pour chaque utilisateur d'emprunter un pseudonyme, mais "si son comportement était contraire à la loi, les autorités auraient la possibilité de savoir qui se cache derrière ce compte en quelques minutes." En ligne de mire de l'élu LR, les jihadistes qui utilisent les réseaux sociaux comme arme de propagande : "On voit bien aujourd'hui que la possibilité de se cacher derrière de fausses identités ou des pseudonymes participe à la diffusion de la propagande jihadiste sur les réseaux sociaux", poursuit Éric Ciotti. "Après chaque attentat nous pouvons également lire des centaines voire des milliers de messages exprimant la haine de la France et glorifiant les terroristes qui l'ont attaquée", ajoute-t-il.

UN ANONYMAT TRÈS RELATIF

Mais, dans un article publié jeudi, Le Monde démontre pourquoi la proposition d'Éric Ciotti est inutile. Si la loi était appliquée en France, il faudrait aussi qu'elle le soit à l'étranger. Sinon, "il serait alors simple techniquement pour un internaute français de se connecter sur la version allemande ou italienne du réseau social, par le biais d'un réseau privé virtuel par exemple, pour créer un compte sans fournir de pièce d'identité".



Le quotidien explique aussi que l'anonymat n'existe pas vraiment sur les réseaux sociaux. Adresse IP, géolocalisation, numéro de téléphone et d'autres données peuvent être transmises aux enquêteurs. Seulement voilà, cela reste souvent insuffisant.

"DES CALIFATS NUMÉRIQUES"

L'anonymat sur les réseaux sociaux est un sujet qui fait réagir les politiques. Déjà, le député divers gauche de Charente-Maritime Olivier Falorni avait dénoncé, sur France Info le 29 juillet, "la collaboration massive" avec Daesh dont les géants du Net se rendent coupables. Il a déclaré en avoir marre "d'entendre dire à chaque attentat : tel jeune s'est radicalisé sur internet, tel réseau a organisé son attentat par le biais d'applications. On a l'impression qu'un certain nombre d'applications sont devenus des califats numériques."



Membre de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats, il propose que la Cour de justice européenne attaque "Facebook, Google, Twitter pour complicité avec l'État islamique. C'est peut-être le seul moyen pour leur faire comprendre leurs responsabilités dans cette guerre mondiale."

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