Terrorisme en France : plus de 8000 personnes fichées pour radicalisation

Terrorisme en France : plus de 8000 personnes fichées pour radicalisation
Gérald Darmanin au siège de la DGSI, le 31 août 2020

, publié le lundi 31 août 2020 à 17h00

Si la préoccupation des Français aujourd'hui est tournée vers "la crise sanitaire, la situation économique et l'insécurité du quotidien", "la menace terroriste demeure à un niveau extrêmement élevé sur le territoire". Lors d'un déplacement au siège de la DGSI ce lundi, Gérald Darmanin a fait un point sur l'état de la menace terroriste en France, deux jours avant l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015. 



Face à la menace, "nous devons maintenir notre plus grande vigilance".

Alors que va s'ouvrir cette semaine le procès historique des attentats de janvier 2015, Gérald Darmanin a s'est rendu lundi 31 août à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), pour dresser un état des lieux de la menace terroriste en France, qui reste "à un niveau extrêmement élevé", a-t-il alerté. 

Tout en rendant hommage aux "femmes et aux hommes des services de sécurité, des services de renseignement, qui mettent tout en oeuvre pour protéger les Français et garantir leur sécurité", le ministre de l'Intérieur a illustré par des chiffres l'état actuel de cette menace. "Ce travail quotidien, minutieux, sans relâche, souvent dans l'ombre, a permis de nous doter des outils juridiques nécessaires pour lutter" contre la menace terroriste. Gérald Darmanin a précisé que le "risque terroriste d'origine sunnite demeurait la principale menace à laquelle est confrontée notre pays". 

Un "projet d'attentat d'ampleur" déjoué en janvier 2020


Comme l'a rappelé Jean-François Ricard, qui dirige le Parquet national antiterroriste quelques heures avant l'allocution du ministre, Gérald Darmanin a fait l'état des lieux du nombre d'attentats déjoués ces dernières années. "61 attentats déjoués depuis 2013, dont 32 depuis 2017", a-t-il énuméré, évoquant un "projet d'attentat d'ampleur" déjoué en janvier 2020. 

Plus de 8000 personnes (8 132 exactement) sont à ce jour inscrites au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), a-t-il par ailleurs annoncé. 

Face à l'ampleur des défis dans la lutte contre le terrorisme, Gérald Darmanin a mis l'accent sur les moyens supplémentaires alloués à la DGSI, qui verra ses effectifs augmenter de "1 260 agents dans tout le quinquennat".

Il a confirmé que cette direction déménagerait prochainement, à Saint-Ouen, grâce à l'achat effectué en début d'année des terrains auparavant occupés par le journal Le Parisien. L'opération "se chiffre à plus d'un milliard d'euros", a-t-il dit.

Abordant la question de la libération prochaine des "505 détenus terroristes islamistes en lien avec la mouvance islamiste", auxquels il a ajouté "702 détenus de droit commun susceptibles de radicalisation", il a fait valoir qu'il s'agissait d'un "défi sécuritaire majeur". "En 2020, a-t-il dit, les prévisions de libération sont évaluées à 45 détenus pour des faits d'association de malfaiteurs terroristes", et en 2021 à "63 terroristes islamistes condamnés".

Gérald Darmanin a appelé en outre à la vigilance concernant "d'autres formes d'action" émanant "de groupuscules radicaux ou d'individus isolés partisans du recours à la violence". Il a cité à cet égard l'arrestation en mai dernier à Limoges d'un "suprémaciste blanc", qui voulait s'en prendre à des lieux de cultes juifs.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.