Tentative d'attentat à Villejuif : début du procès de Sid-Ahmed Ghlam lundi

Tentative d'attentat à Villejuif : début du procès de Sid-Ahmed Ghlam lundi
Un étudiant algérien est accusé d'avoir projeté un attentat à Villejuif et d'y avoir tué une femme de 32 ans en avril 2015.

, publié le dimanche 04 octobre 2020 à 19h11

Ce lundi 5 octobre, s'ouvre à Paris le procès de Sid-Ahmed Ghlam, étudiant algérien accusé d'avoir projeté un attentat contre une église à Villejuif, dans le Val-de-Marne, et d'y avoir tué Aurélie Châtelain, jeune femme de 32 ans, en avril 2015.

En avril 2015 à Villejuif, dans le Val-de-Marne, un étudiant algérien était accusé d'avoir projeté un attentat contre une église et d'y avoir tué une femme de 32 ans, Aurélie Châtelain, ce qu'il conteste. Le procès de Sid-Ahmed Ghlam débute ce lundi 5 octobre à Paris avec neuf autres protagonistes.


L'homme de 29 ans est jugé jusqu'au 6 novembre devant la cour d'assises spéciale.

Ce procès se déroule alors que se poursuit celui des attentats de janvier 2015 et avant celui de l'attaque du Thalys, prévu à la mi-novembre.

Sid-Ahmed Ghlam, détenu depuis 2015, comparaît devant les assises pour "assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et  "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Neuf autres protagonistes, dont deux sont présumés morts en zone irako-syrienne, ont aussi été renvoyés devant la cour d'assises spéciale présidée par Xavière Siméoni.

Il nie les accusations

Cet étudiant en électronique, au parcours universitaire chaotique, fiché S pour radicalisation islamiste, affirme avoir renoncé à son projet d'attentat et avoir appelé les secours après s'être tiré volontairement une balle dans la jambe. Il nie aussi avoir tué Aurélie Châtelain, professeure de fitness de 32 ans et mère d'une petite fille de 4 ans, froidement abattue dans un garage où il préparait, selon l'accusation, son assaut.

Selon la version de Sid-Ahmed Ghlam, la jeune femme a été tuée accidentellement par un mystérieux complice dont il est le seul à évoquer l'existence. L'enquête a cependant établi que la même arme avait tué Aurélie Châtelain et transpercé la jambe de Sid-Ahmed Ghlam.

"Le coup mortel ayant atteint Aurélie Châtelain ne pouvait résulter d'un tir accidentel", ont estimé les experts ayant effectué les examens médico-balistiques. Quant à la blessure de l'accusé, "la thèse selon laquelle Sid-Ahmed Ghlam se serait tiré volontairement une balle dans la jambe apparaît d'autant moins crédible à l'analyse du comportement qu'il a observé avant de contacter les services du Samu", ont conclu les enquêteurs. En clair, l'accusé se serait blessé accidentellement en manipulant son arme.

L'accusé reconnaît avoir été téléguidé par l'EI

Au cours de l'enquête, Sid-Ahmed Ghlam a reconnu avoir été téléguidé par le groupe État islamique (EI). Les policiers, de leur côté, ont décrypté ses échanges avec deux donneurs d'ordre de l'EI, "Abou Mouthana" et "Amirouche".



"Essaye de trouver une bonne église avec du monde et aussi regarde pour que tu puisses repartir rapidement et facilement", lui aurait écrit, selon Le Parisien ce dimanche, un interlocuteur le 27 mars 2015. "L'église j'ai cherché, et en Ile-de-France c'est difficile (...) pour repartir, tu peux voir sur google maps, les bonnes églises ou paroisses sont toutes prêts d'un commissariat ou gendarmerie (...) et l'église ça prend plus de temps pour les tuer", lui aurait répondu Sid-Ahmed Ghlam.

"Un moment difficile" pour la famille d'Aurélie Châtelain

"Notre client est impatient de s'expliquer" a fait savoir Me Gilles-Jean Portejoie, l'un des avocats de l'accusé, selon Le Parisien. "Il reconnaît les manœuvres préparatoires mais explique qu'il a été ensorcelé et qu'il n'a volontairement pas mis le plan à exécution. En revanche, il conteste depuis le départ s'en être pris à la victime", a-t-il ajouté.

Pour la famille d'Aurélie Châtelain, "ce sera un moment difficile, très long, sur un mois voire cinq semaines et douloureux tous les jours car il ravivera à chaque fois la blessure de la disparition d'Aurélie", a confié à l'AFP Antoine Casubolo-Ferro, principal avocat des parties civiles. "Mais (les membres de sa famille) sont déterminés à connaître les raisons et les circonstances de son décès, ce qu'ils n'ont jamais compris", a ajouté l'avocat. Le jour anniversaire de la jeune femme, le 7 octobre, tombera au troisième jour du procès.

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