Tatouages : alerte sur les nanoparticules des encres

Tatouages : alerte sur les nanoparticules des encres

Les éléments qui composent l'encre des tatouages se déplacent dans le corps jusqu'aux ganglions lymphatiques.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 14 septembre 2017 à 10h50

Les nanoparticules contenues dans les encres, organiques et "toxiques", voyagent dans l'organisme et s'y installent durablement, confirme une étude franco-allemande publiée le 12 septembre dans le magazine Scientific Reports.

"Quand quelqu'un veut se faire un tatouage, il est souvent très soucieux de choisir le bon salon, celui où les normes sanitaires sont respectées, celui où des aiguilles stériles neuves sont utilisées. Mais, personnes ne se pose la question de savoir quelle est la composition chimique des couleurs utilisées pour les tatouages.

Notre étude montre qu'il le faudrait!" souligne Hiram Castillo, l'un des auteurs de l'étude. Lors du tatouage, l'aiguille qui injecte l'encre traverse l'épiderme jusqu'à la deuxième couche de la peau, le derme, pour fixer le dessin. Les composants peuvent alors se diffuser directement dans le corps par la circulation sanguine mais aussi par le système immunitaire qui protège l'organisme. Celui-ci réagit à l'agression de l'encre et envoie des cellules capturer l'agresseur qui est alors transporté jusqu'aux ganglions lymphatiques. Au nombre du 800 dans tout l'organisme, ces derniers conservent ensuite ces particules.

Les chercheurs du synchrotron européen de Grenoble (ESRF) ont comparé les ganglions lymphatiques des personnes tatouées décédées aux pigments présents dans leurs tatouages. Grâce aux rayons X, ils y ont retrouvé des nanoparticules de pigments organiques mais également des éléments plus toxiques comme le carbone utilisé pour la couleur noire ou le dioxyde de titane (Ti02) employé pour les tatouages blancs. Des traces de nickel, de chrome, de manganèse ou de cobalt ont également été détectées. Peintures, chewing-gums, crèmes solaires, additifs alimentaires... Le dioxyde de titane est fréquemment utilisé comme agent blanchissant par les industriels. Une cicatrisation souvent plus lente, un gonflement localisé de la peau ou des démangeaisons avaient déjà été constatés lors de tatouage blanc. Une récente étude du Centre international de recherche sur le cancer a démontré que le dioxyde de titane était "potentiellement cancérigène pour l'homme" sous forme de nanoparticules.

"ON N'OBSERVE PAS DE HAUSSE DES MALADIES GANGLIONNAIRES"

En France, 14% de la population de plus de 18 ans est tatouée selon un sondage Ifop réalisé en 2017. Ces personnes doivent-elles s'inquiéter ? "Jusque là, on n'observe pas de hausse des maladies ganglionnaires chez les personnes tatouées", explique le Dr Nicolas Kluger à Sciences et Avenir. "Le tatouage, c'est une dose fixe dans la peau à vie, mais il n'y a pas d'exposition répétée à de nouvelles doses comme avec la cigarette ou l'alcool", ajoute-t-il. Des effets secondaires sont néanmoins possibles : "On note chez certains patients qui possèdent des tatouages une hypertrophie bénigne des ganglions", précise le docteur.


"On sait depuis environ une décennie que les pigments de tatouage voyagent par la lymphe et colorent les ganglions lymphatiques, ce qui est visible à l'œil nu en cas de biopsie", ajoute-t-il. "Lors de la cicatrisation, et tout au long de la vie, une partie de l'encre est phagocytée par les macrophages du système immunitaire, et éliminée par la lymphe, c'est pour ça qu'on retrouve de l'encre dans les ganglions."
 
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