Tarn : nouvelles recherches au domicile de l'infirmière disparue

Tarn : nouvelles recherches au domicile de l'infirmière disparue
La maison de Delphine Jubillar, à Cagnac-les-Mines.

, publié le mardi 05 janvier 2021 à 18h24

Delphine Jubillar, 33 ans, est portée disparue depuis le 16 décembre. Les enquêteurs privilégient la piste criminelle et une information judiciaire pour "enlèvement, détention ou séquestration" a été ouverte.

Qu'est-il arrivé à Delphine Jubillar ? Des gendarmes de la cellule d'investigation criminelle ont mené mardi 5 janvier une opération de ratissage sur un terrain situé en contrebas de la maison de l'infirmière de 33 ans portée disparue depuis le 16 décembre, de l'autre côté de la rue, dans la localité de Cagnac-les-Mines, une ancienne cité minière de 3.000 habitants située près d'Albi (Tarn), a rapporté un correspondant de l'AFP. Ils recherchent un éventuel bijou où un autre objet qui pourrait constituer un indice, selon une source proche de l'enquête.




Les enquêteurs ont sondé lacs et rivière, mené des battues dans les champs et les bois autour du village de Cagnac-les-Mines où la jeune femme habitait une maison aux briques encore apparentes, avec son mari et ses deux enfants. Le couple était en instance de divorce.

La maison a été perquisitionnée, passée au Bluestar, un produit permettant de révéler des tâches de sang invisibles à l'œil nu. Elle est désormais sous scellés. Des spécialistes de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) pourraient venir en renfort pour de nouvelles recherches dans les jours à venir.

Mari et proches parties civiles

Cédric Jubillar, le mari de l'infirmière et père de leurs deux enfants, de 6 ans et un an et demi, "se constitue partie civile pour lui-même et les enfants mineurs", a par ailleurs précisé son avocat Me Jean-Baptiste Alary. "C'est la seule manière de connaître l'évolution de la procédure, la plus grosse difficulté partagée par les proches, c'est qu'on ne sait rien, c'est terrible de ne rien savoir", selon lui.

Cette annonce de constitution de partie civile intervient quelques heures après celle d'un groupe de proches, deux cousins et trois amis de Delphine Jubillar. "Ils font partie du premier cercle, ils sont très choqués par cette disparition, qu'ils considèrent inexplicable", a déclaré à l'AFP Me Philippe Pressecq. "Ils veulent croire qu'elle va réapparaitre, ils imaginent tout et rien, ils n'excluent aucune hypothèse. Il leur est apparu logique de se constituer en partie civile pour pouvoir accéder au dossier, à l'enquête, voir quelles sont les pistes exploitées", a-t-il ajouté.

Ces deux constitutions de partie civile, séparées, ne sont pas dues à un malaise dans l'entourage de Delphine Jubillar, assure l'avocat du mari. "Il n'y a aucune tension au sein de la famille, ils sont comme nous à la recherche de légitimes réponses. Le dépôt de partie civile, c'est la suite normale et logique de la procédure".

La piste criminelle privilégiée

Le 24 décembre, une perquisition avait déjà eu lieu dans la maison, au lendemain d'une battue citoyenne. "Aucune découverte n'a été faite, rien de significatif", avait alors indiqué le parquet. Les enquêteurs privilégient la piste criminelle. Initialement ouverte pour "disparition inquiétante" par le parquet d'Albi, une information judiciaire pour "enlèvement, détention ou séquestration" a finalement été ouverte avant Noël par le tribunal de Toulouse. 

C'est le mari qui avait signalé aux gendarmes la disparition de son épouse, dans la nuit du mardi 15 au mercredi 16 décembre. Cette jeune mère de deux enfants "serait partie seule à pied dans la nuit" et "c'est au petit matin que le mari se serait aperçu que sa femme n'était plus au domicile et a signalé la disparition", avait indiqué le 21 décembre dernier le procureur d'Albi. Son téléphone portable a cessé d'émettre le 16 au matin.

"Rien n'indique" que la disparition de cette mère de famille "a pu être volontaire", avait également indiqué le procureur de Toulouse Dominique Alzeari. 

 

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