Tariq Ramadan reconnaît des "relations extra-conjugales" mais nie les viols

Tariq Ramadan reconnaît des "relations extra-conjugales" mais nie les viols
"Ce sont des femmes qui viennent me chercher", s'est défendu le théologien, expliquant que sa célébrité était en cause.

Orange avec AFP, publié le jeudi 07 juin 2018 à 08h15

Accusé de viols et d'agressions sexuelles par cinq femmes, le théologien suisse a estimé que ces dernières voulaient le faire tomber, sous l'influence de ses ennemis, citant notamment Caroline Fourest et Alain Soral.

Selon France Inter, Tariq Ramadan, accusé de viols et d'agressions sexuelles par plusieurs femmes, aurait reconnu devant les juges d'instruction, lors de son audition mardi 5 juin, cinq relations extraconjugales. En revanche, le théologien nie toujours les accusations de viols portées à son encontre.




Après avoir d'abord refusé de parler de sa vie sexuelle aux enquêteurs lors de sa garde à vue, Tariq Ramadan a finalement rétropédalé et a avoué avoir eu des relations extra-conjugales avec cinq femmes : "J'ai eu des hauts et des bas, des fois où j'ai été totalement en cohérence avec mes principes et d'autres où j'étais plus fragile", aurait expliqué Tariq Ramadan, selon France Inter.

"C'est moi qui suis harcelé"
"Ce sont des femmes qui viennent me chercher", s'est défendu le théologien, expliquant que beaucoup d'entre elles le contactaient sur les réseaux sociaux après ses conférences ou ses passages à la télévision. "Je n'étais pas seulement sollicité comme un intellectuel, mais aussi comme un homme", a justifié l'homme, avançant que c'était lui qui était harcelé : "Je passe au Bourget pour une conférence, et le service d'ordre doit sortir trois femmes des toilettes parce que j'y vais". Tariq Ramadan a reconnu une relation de deux ans avec une des plaignante, que la presse surnomme Marie, qui a témoigné sous X et déposé plainte en mars. À l'inverse, le théologien nie toute relation sexuelle avec Henda Ayari et "Christelle", la deuxième femme qui a témoigné sous X.

Sa relation avec "Christelle" a été passée au peigne fin par les juges d'instruction. Selon Tariq Ramadan, c'est elle qui l'a contacté sur Facebook et leur relation serait d'abord restée "virtuelle et sexuelle". L'homme a ensuite reconnu l'avoir rencontré dans le hall d'un hôtel à Lyon, mais il nie l'avoir fait monter dans sa chambre. "Christelle", lors de son audition par les enquêteurs avait décrit le viol de manière très précise, mais avait également parlé d'une cicatrice à l'aine chez Tariq Ramadan. Le théologien s'est justifié en avançant qu'il avait peut-être parlé en public de cette cicatrice ou qu'elle avait dû apprendre son existence par d'autres femmes.

Des "rapports fougueux" dans un "cadre de consentement"
Concernant Henda Ayari, Tariq Ramadan a expliqué que c'est elle qui lui envoyé des messages et qui aurait demandé "des mots crus" ou "d'être dominée", rapporte France Inter. Le théologien a nié toute violence contre ces femmes et "se dit convaincu que les plaignantes sont déterminées à lui nuire", évoquant l'influence d'adversaires comme Caroline Fourest ou Alain Soral, détaille la radio. Pourtant, certains messages envoyés par Tariq Ramadan à ces femmes mettent en doute ses paroles. "Si je te vois, je te viole", aurait-il, par exemple, envoyé à une ancienne maîtresse.

Les juges d'instruction l'ont donc interrogé pour savoir s'il était "adepte de pratiques sexuelles violentes ou brutales", écrit France Inter. "Le théologien se dit 'profondément révolté', et affirme n'avoir 'jamais exercé de violence sur une femme'. Il parle de 'rapports fougueux, de domination', dans un 'cadre de consentement et de complicité'", écrit la radio. Tariq Ramadan sera de nouveau interrogé en juillet.

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