Tariq Ramadan: le rejet de sa demande de remise en liberté confirmé en appel

Tariq Ramadan: le rejet de sa demande de remise en liberté confirmé en appel
L'intellectuel suisse Tariq Ramadan lors d'une conférence à Bordeaux, le 26 mars 2016

AFP, publié le mardi 22 mai 2018 à 20h32

La cour d'appel de Paris a confirmé mardi le rejet de la demande de remise en liberté de l'intellectuel musulman Tariq Ramadan, accusé de viols par quatre femmes et incarcéré depuis début février, a-t-on appris de source judiciaire.

Au cours de l'audience devant la chambre de l'instruction, en l'absence de l'islamologue suisse de 55 ans, sa défense avait de nouveau invoqué mardi matin son état de santé et dénoncé des "contradictions" dans le récit des plaignantes.

Son avocat, Me Emmanuel Marsigny, a proposé une caution, une assignation à résidence et la remise du passeport suisse de M. Ramadan. Sans parvenir à faire changer la décision prise le 4 mai par le juge des libertés et de la détention.

"Il n'y a aucune raison objective de maintenir Monsieur Tariq Ramadan en détention provisoire. (...) La présomption d'innocence est foulée au pied", a réagi Me Marsigny dans une déclaration transmise à l'AFP.

L'islamologue, atteint d'une sclérose en plaques dont le traitement a été jugé compatible avec la détention par une expertise, est écroué depuis sa mise en examen le 2 février pour deux viols présumés, dont l'un sur une personne vulnérable, qu'il conteste vigoureusement.

L'avocat général a insisté sur la nécessité de garantir la présence de Tariq Ramadan en France, d'éviter d'éventuelles pressions sur les accusatrices et de prévenir le renouvellement des faits.

Et, ce, alors que toutes les plaignantes n'ont pas encore été entendues et que des confrontations sont envisageables.

"Alors que l'instruction est en cours, il apparaît pour les plaignantes plus souhaitable que M. Ramadan soit à la disposition de la justice", a souligné l'avocat de deux des plaignantes, Me Francis Szpiner.

Me Marsigny avait également réclamé mardi une nouvelle expertise médicale, avançant que l'état de santé de son client se détériorait et qu'il ne recevait pas en détention les soins nécessaires.

Si Me Francis Szpiner ne s'y était pas opposé, cette demande a également été rejetée par la chambre de l'instruction.

"Je regrette encore plus le refus d'ordonner une nouvelle expertise médicale alors qu'il est à ce jour handicapé et que les soins devant lui être prodigués ne le sont pas, en contradiction avec les conclusions des experts nommés par les juges d'instruction", a regretté l'avocat de M. Ramadan.

L'enquête a été déclenchée en octobre par les plaintes de deux femmes, dans le sillage du scandale Weinstein aux Etats-Unis. Elles ont été rejointes en mars par une troisième. 

Cette dernière a affirmé avoir été violée en France, à Londres et à Bruxelles à neuf reprises entre 2013 et 2014. Cette ancienne escort-girl, protagoniste au côté notamment de l'ex-directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire pour proxénétisme de l'hôtel Carlton de Lille, doit être bientôt auditionnée par les juges français.

L'audition prévue le 5 juin de Tariq Ramadan - la première depuis sa garde à vue - pourrait conduire à une nouvelle mise en examen pour ces faits.

Une quatrième femme a également déposé une plainte pour viol à Genève.

La détention de ce petit-fils du fondateur des Frères musulmans a suscité une vive émotion, en particulier dans les milieux de l'islam militant. Mais la campagne du comité "Free Tariq Ramadan" a vu ses soutiens s'effriter au gré des révélations sur la vie sexuelle du professeur, en contradiction avec les enseignements religieux qui lui ont valu sa célébrité.

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