Tariq Ramadan accusé de viols : sa défense contre-attaque

Tariq Ramadan accusé de viols : sa défense contre-attaque
L'islamologue suisse Tariq Ramadan le 27 août 2011 à Abidjan.

Orange avec AFP, publié le jeudi 16 novembre 2017 à 15h39

La défense de l'islamologue suisse de 55 ans, visé par deux plaintes pour viol, aurait transmis à la justice une conversation Facebook avec l'une des plaignantes, Henda Ayari, selon le Parisien. Les extraits publiés par le quotidien pourraient fragiliser la version de cette dernière.





Tariq Ramadan est visé, depuis fin octobre, par une enquête à Paris pour "viol, agression sexuelle, violences et menaces de mort", à la suite de la plainte d'Henda Ayari. Après l'ancienne salafiste devenue militante laïque, âgée de 40 ans, une deuxième femme a porté plainte à Paris.

Un nouveau document a été versé au dossier mercredi 15 novembre, selon le Parisien. La défense du petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans aurait transmis au parquet de Paris le contenu d'une conversation Facebook entre ce dernier et Henda Ayari. Le quotidien affirme avoir pris connaissance de ce document.

• PRISE DE CONTACT QUINZE MOIS APRÈS L'AGRESSION PRÉSUMÉE

Le 5 juin 2013, quinze mois après le viol dont elle dit avoir été victime, la militante contacte l'enseignant sur son compte Facebook. Selon le Parisien, dans cet échange, elle ne fait pas référence à l'agression. "Salam Tariq comment vas-tu ?", salue-t-elle. "Salam. J'espère que tu vas bien. Que me vaut l'honneur ?", répond Tariq Ramadan. "Ça fait longtemps, je voulais avoir de tes nouvelles", écrit-elle. "Et pourquoi ? Insultes et menaces ont été tes derniers mots. Pourquoi revenir ?", l'interroge-t-il.



Le quotidien francilien avait interviewé la victime présumée fin octobre. Elle avait indiqué qu'après la nuit au cours de laquelle Tariq Ramadan l'aurait agressée, ils ont continué à avoir "des échanges sexuels épistolaires". Ensuite, leurs rapports se seraient dégradés. "Comme j'ai refusé de lui envoyer une photo de moi dénudée, cela l'a énervé. On s'est insulté", déclarait-elle le 30 octobre.

• "UNE CERTAINE PERSONNE M'A MONTÉE CONTRE TOI"

Quand elle reprend contact avec Tariq Ramadan le 5 juin 2013, elle explique : "Nous sommes des êtres humains avec nos failles. J'étais dans une période difficile et instable et des personnes qui te haïssent m'ont monté la tête contre toi en te faisant passer pour un monstre pervers et sans cœur." Elle souligne : "Une certaine personne m'a vraiment monté(e) contre toi et m'a dit des choses très graves sur toi. Je l'ai crue et je le regrette car par la suite j'ai constaté que c'était une folle et une hystérique. Je pense qu'elle m'a menti sur beaucoup de choses te concernant". La conversation ne mentionne pas le nom de cette "personne".

"C'est trop tard. Tu as trop parlé et tu as fait du mal. Avec des gens aux mauvaises intentions. Sois heureuse maintenant", conclut son interlocuteur, avant de bloquer la militante sur Facebook. Le lendemain, toujours selon les affirmations du Parisien, Henda Ayari recontacte Tariq Ramadan sur le réseau social. "Je te demande pas d'oublier mais juste de me pardonner (...) je n'ai pas la moindre rancœur contre toi (...) je ne souhaite plus que tu reviennes dans ma vie ni qu'on se revoit mais je veux qu'on conserve un esprit fraternel et bienveillant", demande-t-elle. "Tu as tes défauts comme moi mais aussi des qualités alors stp ne me bloque plus. Ne me prive pas de ta page et laisse-moi juste lire tes beaux écrits que j'ai toujours aimés tant lire pour méditer dessus", insiste Henda Ayari.

• DES PROPOS "SORTIS DE LEUR CONTEXTE"

Pour les avocats de la plaignante, ces propos ont été "sortis de leur contexte". "Nous nous étonnons de voir rendue publique une conversation d'ordre privé entre Mme Henda Hayari et M. Tariq Ramadan, complètement sortie de son contexte. Personne ne peut être dupe : cette information a pour objectif de discréditer notre cliente qui, à l'époque des faits, était sous l'emprise d'un homme qui exerçait sur elle des pressions psychologiques extrêmement fortes", indiquent Mes Jonas Haddad et Grégoire Leclerc dans une déclaration au Parisien.

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