Tags appelant au meurtre de policiers : la préfecture de police saisit la justice

Tags appelant au meurtre de policiers : la préfecture de police saisit la justice
Jamais les forces de l'ordre n'ont reçu autant de menaces à Ivry, dans le Val-de-Marne

, publié le mercredi 10 juin 2020 à 20h00

Après que 18 appels au meurtre ont été tagués en une nuit sur les murs d'Ivry, dans le Val-de-Marne, la préfecture de police a annoncé ce mercredi saisir la justice face à cette recrudescence inédite de haine envers les forces de l'ordre. 


"Sauve une vie, tue un flic", "A mort les porcs"... Jamais autant d'insultes et de menaces visant les forces de l'ordre n'avaient été taguées sur les murs du centre-ville d'Ivry.

Dans la nuit de lundi à mardi, 18 appels au meurtre ont été peints dans cette ville du Val-de-Marne. Mercredi 10 juin, la préfecture de police a dénoncé sur Twitter des faits "intolérables", et a annoncé saisir la justice.  


"Je suis scandalisé par ces tags et j'ai demandé à mes services municipaux de tout faire pour les effacer le plus vite possible", avait déclaré mardi à l'AFP Philippe Bouyssou, maire communiste (PCF) d'Ivry-sur-Seine.

Depuis la mort aux Etats-Unis le 25 mai de George Floyd, un homme noir asphyxié sous le genou d'un policier à Minneapolis, des manifestations ont lieu à travers le monde contre les violences policières.

En France, des milliers de personnes sont descendues dans la rue, à l'appel notamment de la famille d'Adama Traoré, un jeune homme noir décédé en 2016 lors d'une arrestation controversée par des gendarmes. L'enquête sur les tags a été confiée au commissariat de la ville, a indiqué le parquet de Créteil.

Colère des policiers

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner reçoit jeudi et vendredi à tour de rôle les syndicats de police pour tenter de calmer leur colère après ses déclarations lundi sur les violences policières, a-t-on appris auprès des organisations syndicales.

"Ecoeurement", "sentiment d'abandon", "fébrilité au sommet de l'Etat": tous les syndicats, allant des gardiens de la paix aux officiers aux commissaires, ont tiré la sonnette d'alarme après les déclarations du ministre qui a prôné lundi la "tolérance zéro" contre le racisme dans la police et interdit plusieurs techniques d'interpellation.

Mercredi, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, les a reçus, ensemble, pour faire le point avant leur rencontre en bilatérale avec le ministre jeudi (pour les gardiens de la paix) et vendredi (pour les officiers et commissaires).

"Il y avait unanimité entre les différentes organisations", a assuré à l'AFP Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergies Officiers (CFE-CGC). Les déclarations du ministre lundi, "c'est comme si on nous avait mis un coup de poing au foie".

"Les commissaires sont très remontés, ils ont l'impression d'être lâchés et désavoués", a relevé David le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de police (SCPN-Unsa).

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