Tabassage de Michel Zecler : "On cajole mes agresseurs sans beaucoup d'états d'âme", a-t-il déploré

Tabassage de Michel Zecler : "On cajole mes agresseurs sans beaucoup d'états d'âme", a-t-il déploré
Le producteur de musique Michel Zecler.

, publié le mercredi 23 décembre 2020 à 12h20

Le producteur de musique Michel Zecler, roué de coups par des policiers le 21 novembre, a réagi auprès de BFMTV ce mercredi 23 décembre après la mise en liberté de deux policiers.

"On cajole mes agresseurs sans beaucoup d'états d'âme", a regretté Michel Zecler auprès de BFMTV ce mercredi 23 décembre. La veille, les juges d'instruction ont ordonné la mise en liberté des deux policiers placés en détention depuis le 30 novembre pour avoir roué de coups à Paris le producteur de musique.


"Il y a malheureusement peu de doutes sur le lieu où j'aurais passé ces fêtes de fin d'année, en l'absence d'un enregistrement vidéo pour me disculper.

J'ai donc forcément du mal à comprendre ce qui occasionne une telle bienveillance de l'Etat vis-à-vis de ces trois individus", a déploré Michel Zecler.

"A l'image de l'aide fonctionnelle qui leur a été accordée, cette nouvelle décision exécutée avec un empressement curieux donne le sentiment que, derrière les discours convenus, on cajole mes agresseurs sans beaucoup d'états d'âme", a conclu le producteur de musique.

Pour rappel, le 21 novembre, en fin de journée, Michel Zecler avait été roué de coups par des policiers dans l'entrée de son studio de musique, puis dans la rue. Les faits ont été révélés par des images de vidéosurveillance du studio de musique, dévoilées par le média en ligne Loopsider, qui contredisaient le procès-verbal initial de l'interpellation rédigé par les policiers.

Placement sous contrôle judiciaire strict

Les deux policiers seront soumis à un contrôle judiciaire qui prévoit une interdiction d'entrer en relation avec la victime et les autres mis en examen, de détenir une arme et d'exercer la profession de fonctionnaires de police, selon cette même source. Ils n'ont par ailleurs pas le droit de paraître dans le XVIIe arrondissement de Paris, où se situe le studio de musique du producteur, et devront en outre s'acquitter d'une caution de 5.000 euros.

A l'issue de leur interrogatoire au tribunal judiciaire de Paris vendredi et lundi, les deux policiers ont déposé une demande de mise en liberté auprès des magistrats instructeurs qui la leur ont accordée. Le parquet ne s'est pas opposé à leur demande sous réserve d'un placement sous contrôle judiciaire strict, a précisé la source judiciaire.

Contactés par l'AFP, les avocats des deux policiers n'ont pour l'heure pas donné suite.

"Ils continuent de contester certains faits malgré les évidences"

"Avocat, j'ai toujours considéré que la détention provisoire devait être l'exception et la liberté la règle, qui hélas n'est pas toujours la pratique judiciaire habituelle", a pour sa part commenté Me Caroline Toby, qui défend Michel Zecler.

"Je m'étonne néanmoins que ces mises en liberté interviennent avant même qu'une confrontation n'ait eu lieu entre la victime et les policiers, alors même qu'ils continuent de contester certains faits malgré les évidences", a-t-elle ajouté.

Quatre policiers mis en examen

Dans cette affaire, quatre policiers ont été mis en examen le 30 novembre: trois d'entre eux, soupçonnés d'avoir roué de coups Michel Zecler, l'ont été pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP)", avec plusieurs circonstances aggravantes dont celle de racisme, et pour "faux en écriture publique" par PDAP, un crime passible des assises.

Parmi eux, un brigadier de 31 ans et un gardien de la paix de 23 ans avaient été placés en détention provisoire, une décision "rarissime" pour des fonctionnaires de police selon plusieurs sources.

Un quatrième policier, soupçonné d'avoir jeté une grenade lacrymogène dans le studio de musique, a été mis en examen principalement pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" et placé sous contrôle judiciaire.

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