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Suspension du vaccin de Johnson et Johnson : que faire des 200.000 doses livrées à la France ?

Suspension du vaccin de Johnson et Johnson : que faire des 200.000 doses livrées à la France ?
La vaccination avec le sérum de Johnson et Johnson a été suspendue mardi 13 avril aux Etats-Unis.

publié le mercredi 14 avril 2021 à 12h22

L'Agence européenne des médicaments (AME) doit se réunir ce mercredi afin de rendre un avis sur l'avenir des doses de sérum Janssen, du laboratoire Johnson et Johnson, suspendu mardi aux Etats-Unis.


Il était présenté comme le vaccin qui allait donner un coup d'accélérateur à la campagne de vaccination en France.  Mais mardi 13 avril, le vaccin anti-Covid de Johnson and Johnson a été suspendu aux Etats-Unis et en Afrique du Sud.

Le laboratoire américain a ensuite annoncé dans la foulée qu'il retardait le déploiement de son sérum en Europe. En cause : l'apparition rare de graves caillots sanguins. Plus de 6,8 millions de doses de "JetJ" ont déjà été administrées sur le territoire américain et l'Agence américaine des médicaments (FDA) enquête sur six femmes ayant développé des cas graves de caillots sanguins après avoir reçu ce vaccin. "Un cas s'est révélé mortel et un patient se trouve dans un état critique", a précisé un responsable de la FDA. 


200.000 doses déjà arrivées en France 

Les pays européens, dont la France en retard dans sa campagne vaccination, risquent de souffrir de ces nouveaux délais. L'UE a signé pour une commande ferme de 200 millions de doses du vaccin de Johnson et Johnson, à laquelle s'ajoute une option pour 200 millions supplémentaires. Que faire des 200 000 doses déjà livrées à la France lundi ? "Il faut surtout les garder. On espère bien que cette pause est temporaire et qu'elle va pouvoir être levée, qu'on va pouvoir commencer à administrer ces vaccins Janssen en toute sécurité, avec éventuellement une restriction d'âge", commente pour Franceinfo Marie-Paule Kieny, présidente du comité scientifique sur le vaccin Covid-19 France. 


"La France avait de toute façon décidé d'utiliser ce vaccin pour vacciner les personnes de plus de 50 ans. Donc on va voir si les analyses qui vont être faites par le régulateur américain sont conformes avec ces plans. J'espère qu'on pourra commencer le plus possible", poursuit-elle.

Des recommandations européennes attendues au plus vite 

"On a demandé une vérification commune à l'agence européenne des médicaments qui se réunit aujourd'hui même et qui va nous faire part d'éventuelles recommandations dans la journée, je l'espère. Nous avons reçu, conformément aux objectifs, les 200 000 doses de Johnson, qui ne sont pas encore administrées, en attendant cet avis", a de son côté indiqué mercredi matin sur France 2 Clément Beaune, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes. Il précise que les cas de thromboses observés aux Etats-Unis concernent des personnes de moins de 50 ans. "Par précaution nous avions ciblé ce vaccin sur les personnes de plus de 55 ans", précise-t-il. Le vaccin d'AstraZeneca est lui aussi réservé en France aux plus de 55 ans. Les deux vaccins utilisent la même technologie soit le recours à un adénovirus.


Marie-Paule Kieny, qui reconnaît "qu'il fallait faire une pause", attend qu'une comparaison soit menée entre AstraZeneca et Johnson et Johnson, tous deux responsables de thromboses. "Il va falloir surtout regarder quels sont les points communs avec des problèmes de saignement et de caillots sanguins détectés avec le vaccin AstraZeneca. Dans un premier temps, on a aussi beaucoup dit que c'étaient les femmes de moins de 50 ans. Alors il y a aussi des possibilités de biais d'échantillonnage, parce que pour AstraZeneca c'était surtout des femmes qui avaient été vaccinées, parce qu'elles faisaient partie du système de santé. Il va falloir regarder d'un peu plus près aux Etats-Unis si la prédominance de cas chez les femmes se maintient", développe la scientifique sur Franceinfo. 

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