Suspension du contrôle technique des deux-roues : les associations de motards satisfaites

Suspension du contrôle technique des deux-roues : les associations de motards satisfaites
Des motards manifestent le 21 mai 2011 à Paris contre les nouvelles mesures de sécurité routière annoncées récemment par le gouvernement

publié le vendredi 13 août 2021 à 16h40

Cette mesure publiée dans le Journal officiel au coeur de l'été avait provoqué la grogne des fédérations de motards.

Au lendemain de la suspension par le gouvernement du contrôle technique pour les deux-roues normalement prévu à partir de 2023, la Fédération des motards en colère s'est dite vendredi satisfaite d'avoir été "écoutée et entendue". 

Ce contrôle bisannuel avait été instauré mercredi par décret pour une entrée en vigueur progressive à partir de 2023. Exigé par l'Union européenne depuis 2014 pour améliorer la sécurité routière, protéger l'environnement et limiter les nuisances sonores, il est déjà appliqué dans de nombreux pays voisins.


Après une discussion jeudi matin avec Emmanuel Macron, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari "a convenu avec les fédérations de se retrouver à la rentrée pour échanger largement sur les différents sujets les concernant", a indiqué une porte-parole du ministère.
"La FFMC est écouté et entendue, donc on est satisfaits", a expliqué auprès de France Info Didier Roca, coordinateur adjoint du bureau national de cette fédération.

Il explique par ailleurs que "sur le décret n'était indiqué que la périodicité du contrôle technique. Cela n'était ni plus ni moins qu'un copier-coller du contrôle technique auto alors que lors de nos concertations avec le ministre des Transports, on avait fait remarquer que le kilométrage moyen d'une moto n'était pas comparable à celui d'une voiture".

"Ce que l'on reproche au contrôle technique c'est que c'est basé sur 0,3 % de défaillances techniques par rapport à l'accidentalité. Que fait-on des (autres) 99 % ? On n'en parle pas," a-t-il poursuivit. 
Un nouveau rendez-vous prévu en septembre"Le ministre (le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari) souhaitait l'apaisement", s'est félicité de son côté Jean-Marc Belotti, de la Fédération des motards en colère. Un rendez-vous est prévu "début septembre" avec le ministère. 
"On ne propose rien, on ne veut juste pas de contrôle technique", a souligné Jean-Marc Belotti. "On va voir si on peut apporter des solutions en termes de sécurité routière, mais ça risque de leur coûter un peu de sous", a-t-il souligné, citant notamment le dédoublement des glissières de sécurité, qui permettrait d'éviter de graves blessures.
 Une directive européenne de 2014 prévoyait la mise en place à partir du 1er janvier 2022 d'un contrôle technique pour les véhicules motorisés à deux et trois roues d'une cylindrée supérieure à 125 cm3. La plupart des pays européens l'ont déjà mis en place, selon la Fédération européenne des associations de motocyclistes. Seuls la Finlande, l'Irlande et les Pays-Bas ont adopté des mesures alternatives pour réduire le nombre d'accidents, qui leur ont permis de le contourner.

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