Suspension des vaccins AstraZeneca : "Il n'y avait pas d'autre solution", estime une vaccinologue

Suspension des vaccins AstraZeneca : "Il n'y avait pas d'autre solution", estime une vaccinologue
(illustration)

publié le mardi 16 mars 2021 à 07h45

"Quand une question est posée, il faut investiguer", estime Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l'Inserm.

Après avoir misé sur la solution d'AstraZeneca pour consolider sa montée en puissance dans la campagne de vaccination contre le Covid-19, la France a suspendu pour 24h les injections de doses du laboratoire suédo-britannique, dans l'attente d'un avis de l'Agence européenne du médicament suite à la médiatisation de cas de thromboses. 30 cas de cette maladie ont été constatés sur les 5 millions d'injections AstraZeneca effectuées en Europe.

"La thrombose n'est pas rare il y a 100.000 cas par an", tempère la spécialiste de l'Inserm, mardi 16 mars.

"Au vu de l'inquiétude qui commençait à se développer, la seule solution était de faire une pause", estime Marie-Paule Kieny, à l'antenne de franceinfo. Désormais, il faut "étudier ces cas de thrombose". "Tous les gouvernements se doivent de prendre toute l'attention qu'il faut".

On commençait juste à pouvoir le vaccin AstraZeneca dans les pharmacies. C'est "un coup d'arrêt très net mais y avait pas d'autres solutions", estime t-elle. "Il y a beaucoup de choses qu'on ne comprend pas. Beaucoup de raisons" sont possibles. Quand une question est posée, il faut investiguer et prendre des décisions", ajoute t-elle. Ceci étant, il y a une "possibilité raisonnable et crédible que ces cas ne soient pas liés à la vaccination", précise t-elle.


Quant à l'impact de ce coup d'arrêt sur la campagne de vaccination contre le Covid-19, "des épisodes comme ça ne peuvent que baisser la confiance dans la vaccination", déplore Marie-Paule Kieny, qui pointe toutefois une "autre aspect" : "le fait que les autorités de santé aient décidé de sursoir montrent quelles prennent tous les signaux sérieusement. Il faut faire confiance aux autorités sanitaires", insiste t-elle.

Treize pays d'Europe à ce stade dont l'Allemagne, la France et l'Italie, ont suspendu par précaution l'utilisation du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, après le signalement d'effets secondaires "possibles" mais sans lien avéré à ce stade. Le groupe pharmaceutique anglo-suédois affirme qu'il n'y a "aucune preuve de risque aggravé" de caillot sanguin entraîné par son vaccin, tandis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de continuer la vaccination avec ce sérum, avant une réunion de ses experts mardi.

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