Surpopulation carcérale : Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas en visite à la maison d'arrêt de Nîmes

Surpopulation carcérale : Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas en visite à la maison d'arrêt de Nîmes
L'entrée de la maison d'arrêt de Nîmes le 25 août 2000 (archives).

publié le lundi 08 août 2016 à 07h48

- Le Premier ministre et le ministre de la Justice se rendent, ce lundi 8 août, dans cet établissement du Gard où le Conseil d'État a récemment dénoncé des "traitements inhumains ou dégradants". -

Après une visite à Caen (Calvados) en juin dernier, c'est la deuxième fois que le Premier ministre se déplace dans un établissement pénitentiaire cette année.

Accompagné du garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, Manuel Valls s'entretiendra pendant la matinée "avec les personnels de cet établissement pénitentiaire dont le taux d'occupation est parmi les plus élevés de France métropolitaine", indique Matignon dans un communiqué. Le chef du gouvernement et le ministre "tiennent à saluer l'engagement des personnels de l'administration pénitentiaire dans le contexte difficile actuel".

Sur Twitter, l'Observatoire international des prisons (OIP), profitant de cette visite estivale, interpelle les deux ministres.





L'association dénonce, depuis plusieurs années, les conditions de détention indignes en France. "Les détenus sont trois voire quatre dans des cellules de 9m2 ; à trois si l'on retranche la surface au sol des meubles et des sanitaires, il reste 1,33 m2 par personne : l'équivalent d'une serviette de bains et sortir son mouchoir, c'est cogner son voisin", déplore l'association. Et de décrire des "détenus dormant sur les armoires", des "moisissures", une "chaleur étouffante" et "un réfectoire pour parloir".

"TRAITEMENTS INHUMAINS"

L'année dernière, la situation était telle que l'OIP a saisi en urgence le Conseil d'État. Le 30 juillet dernier, le juge des référés a estimé que les conditions de détention constituaient "des traitement inhumains ou dégradants" et ordonné "toutes mesures utiles pour faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales portées aux libertés fondamentales des détenus".

La prison de Nîmes a en effet été construite pour accueillir 192 détenus, or environ 400 personnes y sont actuellement incarcérées. Le taux de surpopulation carcérale, équivalent à 207%, est ainsi l'un des plus élevés de France métropolitaine. Le fondateur de l'OIP dans le Gard, François Py, a expliqué à France Bleu Gard Lozère attendre un geste fort du gouvernement : "Nous espérons que les choses vont enfin bouger (...) Il ne peut pas ne rien se passer. On ne peut pas rester à de vagues promesses."

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