Sur les plages normandes, le débarquement des tempêtes commence à lasser

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 Un homme et des enfants regardent des vagues s'écraser contre un mur, le 4 janvier 2018 à Asnelles

Un homme et des enfants regardent des vagues s'écraser contre un mur, le 4 janvier 2018 à Asnelles

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© AFP, CHARLY TRIBALLEAU
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AFP, publié le jeudi 04 janvier 2018 à 20h34

"On habite en bord de mer, ça fait malheureusement partie des risques". Occupés à nettoyer les dégâts laissés par Eleanor, les habitants des communes côtières du Calvados sont partagés entre fatalisme et lassitude face aux tempêtes à répétition.

Quelques seaux, qu'il vide machinalement dans sa poubelle à roulettes avec l'aide de son frère: Nicolas Marie fait avec les moyens du bord pour évacuer l'eau du sous-sol de sa petite maison en bois d'Asnelles, près de Bayeux.

"Un torrent", raconte-t-il sous son ciré vert, s'est déversé mercredi matin, à marée haute, le long des marches qui séparent la digue de sa résidence secondaire. "Heureusement, elle est surélevée, mais il y avait de l'eau partout dans le jardin."

Un chalet, qu'il loue l'été aux touristes, a été inondé. "J'ai pris des photos pour l'assurance", note-t-il. "C'est la deuxième fois que ça arrive depuis que j'ai acheté ici il y a six ans."

-Neuf inondations en douze ans-

Patrick Barcos, lui, a comptabilisé neuf inondations en douze ans. "C'est une vieille maison, les fondations s'effritent et le jardin est gorgé de sel à chaque fois. Impossible de faire pousser quoi que ce soit après", regrette-t-il.

Ce natif d'Asnelles, où les alliés ont débarqué le 6 juin 1944, à proximité des falaises d'Arromanches, a créé une association après le passage de Xynthia en février 2010 afin que des mesures soient prises pour éviter ces débordements à répétition.

"Rien n'a été fait depuis", dénonce-t-il. "Les gens veulent vendre à chaque tempête. Les maisons, même si elles prennent l'eau l'hiver, sont aussitôt transformées en locations de vacances, ça reste rentable. Mais le village se dépeuple, la poste et l'école ont fermé, on nous laisse crever la gueule ouverte." 

- Des habitations évacuées -

 Quelques kilomètres plus loin, à Ver-sur-Mer, la houle, poussée par les bourrasques, a provoqué mercredi matin la rupture d'une partie de la digue, colmatée depuis avec des blocs de béton et des sacs de sable.

Alors que les coefficients de marée sont actuellement particulièrement élevés (au-dessus de 100), une centaine d'habitations, en majorité des résidences secondaires, ont été inondées, surtout en sous-sol. 

Une cellule de crise, mise en place dans la journée de mercredi par la sous-préfecture, a décidé l'évacuation de plusieurs habitations particulièrement exposées. 

"Une mesure de précaution pour éviter une éventuelle évacuation difficile en pleine nuit", explique le maire de Ver-sur-Mer, Philippe Onillon. 

Une quarantaine de personnes ont ainsi été invitées par les gendarmes à quitter leur domicile pour la nuit. La moitié ont refusé, en signant une décharge, d'autres ont pris leurs propres dispositions et sept seulement ont dormi sur les lits de camp mis à disposition dans une salle communale.

- "Du pipi de chat" -

Au comptoir du Sexton, l'hôtel-bar-restaurant de la plage, les anciens s'amusent de cet "excès de prudence" et des nombreux curieux venus voir l'ampleur des dégâts: "Des tempêtes de ce genre, on en a tous les hivers. C'est du pipi de chat."

En 2010 et 2013 déjà, les eaux de la Manche avaient inondé une partie des rues de Ver-sur-Mer. "Il n'y a pas que des avantages à habiter en bord de mer, ça fait malheureusement partie des risques", philosophe Isabelle.  

 
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