Sur la scène de l'accident de Millas: "avant d'être des gendarmes, on est des êtres humains"

Sur la scène de l'accident de Millas: "avant d'être des gendarmes, on est des êtres humains"

Des gendarmes et employés de la SNCF, le 16 décembre 2017, sur un passage à niveau à Millas (Pyrénées-Orientales), où car scolaire a été percuté par un train

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AFP, publié le samedi 16 décembre 2017 à 23h34

"On est des êtres humains avant d'être des gendarmes": malgré leur "carapace" et leur expérience des situations difficiles, les gendarmes restent marqués par des drames comme celui de Millas et ont besoin eux aussi d'un suivi psychologique.

"Quand on arrive sur un incident comme ça dix minutes après, on fait un constat de la scène et on se met un peu dans une bulle. On essaie de mettre de côté nos émotions personnelles", raconte à l'AFP le lieutenant-colonel de gendarmerie Sophie Catasso, qui faisait partie des premiers arrivés sur les lieux, avec une trentaine de ses collègues.

Mais ces émotions peuvent toutefois "ressurgir après", note-t-elle, alors que le bus qui ramenait les collégiens chez eux après la fin des cours a été littéralement coupé en deux par un TER.

"On est parents, je le suis moi-même", souligne celle qui est à la tête de la compagnie de Perpignan regroupant 170 gendarmes dont les douze de la brigade de Millas.

Robert Taillant, le maire de Saint-Féliu-d'Avall, où vivaient les adolescents victimes de l'accident, a d'ailleurs souligné que les "gendarmes et les pompiers qui sont intervenus sur place ont vécu l'horreur et sont psychologiquement très atteints".

Violence du choc, âge des victimes: "c'est un événement qui par beaucoup d'aspects peut apparaître très chaotique. L'ordre du monde peut être bousculé en quelque sorte" pour les gendarmes, souligne le commandant Pascal Barré, psychologue clinicien et chef du dispositif d'accompagnement psychologique de la Gendarmerie.

- 'Gros besoin de s'exprimer' -

D'où l'impératif d'un suivi immédiat. "Quand c'est des gros événements comme ça, (...) tous les gens qui étaient intervenus ont été contactés par les psychologues", poursuit Sophie Catasso. Et les gendarmes de Millas ont en particulier "ressenti tout de suite un gros besoin de s'exprimer et de débriefer".

"Ils vivent dans la localité, ils ont leurs enfants au collège, j'imagine que pour eux des images ont pu ressurgir, ils ont pu penser à leurs enfants", ajoute le lieutenant-colonel.

Car même pour les gendarmes les plus rompus aux situations difficiles, un drame de la sorte est dur à gérer sur le plan émotionnel.

"Avant, j'étais en police judiciaire où j'ai été amenée à voir des scènes de crime, des blessés ou des morts. L'expérience professionnelle forge peut-être une carapace" mais "ce premier débriefing (avec les psychologues), on en a besoin parce que forcément à un moment donné, on se place en tant que parent ou conjoint, on pense à tout ça et c'est très important pour nous d'être pris en charge par des psychologues qui vont nous suivre dans le temps", dit la gendarme.

"Un gendarme peut avoir été confronté à des circonstances très difficiles à plusieurs reprises, c'est l'événement qui peut-être au regard des autres lui apparaîtra moins choquant qui viendra à un moment donné faire s'écrouler la personne", abonde le commandant Barré.

Et, dans ce cas, parler à un psychologue membre de la gendarmerie est rassurant pour les personnels concernés. 

"C'est plus facile pour un gendarme de se dire: +je parle de mes malheurs à un professionnel qui connaît un peu mes difficultés, qui connaît mon organisation+, plutôt qu'à un psychologue civil qui ne connaîtrait pas notre fonctionnement, notre façon d'arriver sur les lieux. Cela donne une impression de famille, d'échange", juge le lieutenant colonel Catasso.

Mais après il ne faut pas "non plus faire de la victimisation", insiste-t-elle, les gendarmes de Millas ayant par exemple "très à cœur d'être au cœur" du dossier car ils veulent "se rendre utiles à l'enquête".

 
11 commentaires - Sur la scène de l'accident de Millas: "avant d'être des gendarmes, on est des êtres humains"
  • Pour ma part, je suis sûr que les photos prises juste après l'accident avec la barrière levée ne nécessite pas d'enquête. Le monstre SNCF fuit ses responsabilité pour faire porter le chapeau à la conductrice du car, qui, sauf démence, est bien plus sensible que les enquêteurs soudoyés quand elle a la vie d'enfants entre ses mains. L'affaire est en train (sans jeu de mots) d'être diluée et je ne serais pas surpris qu'une tentative de corruption de la conductrice soit en cours !
    Affligeant, que vaut la parole d'une personne humaine responsable face aux intérêts financiers.

  • On ne remerciera jamais assez les gendarmes lors de ces interventions.
    Leur présence réconforte et soutien les victimes et leurs familles.
    Ce mot aussi pour adresser toute notre compassion aux enfants, à leurs proches et à toutes les personnes dans la douleur.
    Prions pour les enfants qui les ont quittés et pour ceux qui luttent dans les blessures ou la douleur morale.

  • L'enquête dira ce qui s'est vraiment passé ( sauf pour les adeptes habituels de la théorie du complot qui croiront qu' on "leur cache des choses" ) mais si c'est une faute humaine , la conductrice restera persuadée que la barrière était ouverte car dans son esprit , elle ne serait jamais passé si elle avait été fermée .Même si elle a eu " une absence", sa conviction en sa propre innocence est totale et sincère. Terrible pour les familles , terrible pour elle, quel que soit le résultat .

  • c est peut etre le moment pour les gendarmes de prévenir les gens lorqu ils prennent les dépositions :'attention dites ce que vous avez vu et ce dont vous etes surs ' sinon vous serez poursuivi pour faux temoinages dans le but d entraver la justice dans la recherche de la verite !!!!

  • J'ai le sentiment que ça tourne à la pitrerie...Pas de barrière brisée....mais si on passe au rouge on peut franchir avant la descente de la barrière..et ensuite que c'est il passé..un coup d'accélérateur c'est la vie...un coup de frein , c'est le drame..Autre chose, si les barrières ont eu un problème , il faut faire des dizaines d'essais avec un locotracteur pour contrôler ....Mais que de paroles imbéciles pour ce drame qui terrasse des familles ,une région..

    Tout à fait possible le passage au rouge ...Quel drame ! Nous aurons par la suite ...!

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