Strasbourg : une étudiante affirme avoir été agressée parce qu'elle portait une jupe

Strasbourg : une étudiante affirme avoir été agressée parce qu'elle portait une jupe
La cathédrale de Strasbourg, le 17 mars 2020.

, publié le mardi 22 septembre 2020 à 11h51

Elisabeth, 22 ans, explique à France Bleu Alsace avoir été insultée et frappée vendredi 18 septembre parce qu'elle portait une jupe. Une scène à laquelle auraient assisté une quinzaine de témoins, qui n'ont rien fait, selon la jeune femme.

Vendredi 18 septembre, Elisabeth, 22 ans, rentre chez elle à pied à Strasbourg, quand trois hommes d'une vingtaine d'années l'interpellent. "Un des trois hommes me dit 'regardez cette pute en jupe'", raconte à France Bleu Alsace la jeune femme. "Je me permets de répondre 'pardon'. Là, ils me répondent : 'Tu te tais salope et tu baisses les yeux'. Deux m'attrapent chacun par un bras et le troisième me donne un coup de poing au visage. Et après, les trois s'enfuient", poursuit-elle.

La jeune femme s'en sort avec un oeil a beurre noir, sans fracture, mais avec un fort ressentiment. En effet, 15 personnes ont assisté à cette scène, mais personne n'a rien fait pendant l'agression. Personne ne lui aurait non plus demandé comment elle allait ou appelé les secours après l'agression. "C'est ce qui me révolte le plus dans l'histoire", déplore-t-elle.

"L'été des lâches"

"Je relativise énormément, ça aurait pu être bien pire, assure néanmoins Elisabeth. La vie est tellement courte, il y a tellement de belles choses qui arrivent. Il ne faut pas se laisser abattre et avoir maintenant peur de sortir, avoir peur de mettre une jupe", estime-t-elle, affirmant que de son côté elle continuera de porter des jupes.

La jeune femme a porté plainte. La municipalité de Strasbourg estime que moins de 10% des femmes victimes de harcèlement de rue et d'agressions sexistes osent le faire, rapporte France Bleu. De son côté, Elisabeth, qui a grandi à Strasbourg, affirme n'avoir n'a jamais ressenti un climat aussi malsain pour les jeunes femmes. "C'est vraiment violent, sale, pervers, dénonce-t-elle. C'est toujours des remarques dans le dos. Il va lancer 't'es bonne' et va partir tout de suite. C'est toujours très lâche en fait. C'est ce que j'ai remarqué cet été, c'est l'été des lâches".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.