Stationnement des deux-roues, taxe de séjour... Paris veut augmenter certains impôts pour faire face à la crise

Stationnement des deux-roues, taxe de séjour... Paris veut augmenter certains impôts pour faire face à la crise©Christophe ARCHAMBAULT / AFP

, publié le mardi 17 novembre 2020 à 16h50

Au total, sur un budget annuel de quelque 10 milliards, la dette a explosé dans la capitale. Elle s'est s'établie à 7,153 milliard d'euros en 2020

Entre une perte de recettes et une augmentation des dépenses, la crise du Covid-19 pèse sur les finances de la Ville de Paris.

Alors qu'a débuté mardi 17 novembre le débat sur le budget de la capitale, la mairie rêve d'une hausse de nombreuses taxes pour boucler son budget 2021. Parmi les pistes envisagées : rendre le stationnement payant pour les deux-roues, augmenter les taxes de séjour sur les locations touristiques des plateformes et la taxe d'habitation des résidences secondaires.



"Le contexte est inédit", insiste l'adjoint PS aux Finances, Paul Simondon. "La facture de la crise Covid pour la Ville de Paris, c'est 800 millions d'euros", ajoute-t-il. La crise a entraîné une perte de "540 millions d'euros de recettes" liée notamment à des baisses des taxes de séjour (45 millions d'euros en 2020 contre 95 millions en 2019), des cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises, ou encore des transactions immobilières (la perte en droits de mutations à titre onéreux, dits "DMTO", s'élevant à 150 millions d'euros en 2020). 

Au total, sur un budget annuel de quelque 10 milliards, la dette explose et s'établit à 7,153 milliard d'euros en 2020 après 6,1 milliards un an plus tôt. Elle "est strictement corrélée aux décisions prises pour maintenir l'activité économique, l'emploi et la solidarité, en particulier en faveur des plus précaires, pendant la crise sanitaire", justifie l'Hôtel de Ville. "Malgré l'impact de la crise, l'endettement des Parisiens, comparé aux autres grandes villes françaises, reste modéré", assure-t-on à la mairie de Paris. 

Mais l'horizon ne semble pas s'éclaircir. Outre la crise du Covid-19 qui se poursuit, la suppression progressive de la taxe d'habitation, qui concernera 35% des foyers parisiens en 2021, affectera les ressources de la Ville, qui "ne percevra donc plus que (...) 199 millions d'euros, contre 826 millions" en 2020 grâce notamment à la taxe d'habitation des résidences secondaires.

Augmenter les recettes

Pour boucler son budget, l'Hôtel de Ville cherche donc de nouvelles recettes. Paris mise ainsi sur une reprise importante du tourisme dans la capitale, une hausse de la taxe de séjour, de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et des DMTO.

Pour obtenir gain de cause, la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a écrit aux parlementaires, leur demandant de faire passer les DMTO "de 4,5% à 4,8%", de porter la taxe d'habitation "pour les résidences secondaires", "de 60% à 100%", et d'augmenter la taxe de séjour "sur les locations touristiques des plateformes de type AirBnb", précise Paul Simondon.

Dans le viseur, également, la mise en place d'un stationnement payant des deux-roues motorisés. "L'utilisation de l'espace public pour stocker un véhicule type deux-roues de façon gratuite ne nous semble plus d'actualité", a estimé l'élu.

Un budget contesté

La mairie de Paris présente "un budget insincère", "irresponsable" : elle "passe son temps à écrire à tous les députés, tous les sénateurs, tous les présidents de groupes pour leur demander de présenter des amendements qui permettraient d'augmenter les impôts des Parisiens", s'est étranglée Marie-Claire Carrère-Gee (LR). Elle en veut pour preuve les prévisions de la Ville concernant les "recettes de taxes de séjour au niveau de ceux de 2019 : ces bases sont fausses !", s'est encore insurgée l'élue de droite, qui doute d'une reprise du tourisme.

"Quand on se plaint de l'arrêt du dynamisme de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises), du niveau de péréquation, de la fin de la taxe d'habitation... Est-ce qu'on est vraiment face à une maire socialiste ?", raille l'élue Modem, Maud Gatel. 
 

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