Soutien des "gilets jaunes", Bernard Tapie reproche à Emmanuel Macron de ne pas avoir su s'entourer

Soutien des "gilets jaunes", Bernard Tapie reproche à Emmanuel Macron de ne pas avoir su s'entourer
Bernard Tapie lors d'une conférence à Liège le 27 septembre 2018.

Orange avec AFP, publié le mercredi 19 décembre 2018 à 17h26

Bernard Tapie s'est dit prêt à ouvrir les portes de La Provence pour accueillir les "gilets jaunes" et les aider à se structurer.

Bernard Tapie était l'invité de Léa Salamé mercredi 19 décembre sur France Inter. L'actionnaire majoritaire du groupe de presse La Provence a affirmé son soutien aux "gilets jaunes".

"Ils viennent de redécouvrir qu'ils sont importants et qu'ils existent. Car c'est cette souffrance principale qui est à l'origine. (...) C'est un mouvement qui dit des choses que tout le monde pense ou a envie de penser", affirme l'ancien ministre qui a appelé les "gilets jaunes" à se structurer pour pouvoir perdurer. "Eux ont besoin maintenant de s'organiser de telle sorte qu'il y ait des têtes qui incarnent la volonté collective même s'ils ne pensent pas la même chose", déclare Bernard Tapie.



Celui-ci se dit prêt à leur ouvrir les portes de La Provence pour que les "gilets jaunes" puissent se retrouver. "Dans les rotatives (de La Provence, ndlr), on peut réunir 2.000 personnes, donc je leur dis 'venez'. On n'y sera pas, on ne parlera pas. La Provence n'est pas du tout engagé", assure l'homme d'affaires. Selon lui, si le mouvement ne se structure pas, les violences pourraient être plus graves dans le futur. "Il faut les aider parce que si ça n'existe pas, ça recommencera sous des formes encore plus violentes", craint Bernard Tapie.



"Il faut s'entourer des gens qui ont la compétence que vous n'avez pas"

Il assure comprendre la colère des "gilets jaunes". "Aujourd'hui tout est payant. Moi, j'ai vécu une jeunesse où on pouvait être pauvre et heureux. Plus maintenant. (...) Quand t'es pauvre aujourd'hui, tu peux pas être heureux", lâche-t-il. Au sujet d'Emmanuel Macron, l'ancien député des Bouches-du-Rhône ne mâche pas ses mots et lui reproche de ne pas avoir su s'entourer. "Il n'a pas été autre chose que ce que je m'attendais. Quand vous voulez faire un métier, que vous avez l'aspiration de le faire au plus haut niveau, vous pouvez le faire sans expérience, mais entourez-vous de ceux qui ont les expériences".



S'adressant directement au chef de l'État : "Non, tu ne sais pas tout mon pote. Ce que tu sais, c'est utile, mais il faut aussi des mecs qui sont avocats, des mecs qui sont commerçants, des mecs qui ont vécu l'action". "Il faut s'entourer des gens qui ont la compétence que vous n'avez pas", pose Bernard Tapie.

Mais concernant l'ISF, il soutient la décision du gouvernement de la faire disparaître. Jouant la métaphore footballistique : "il faut simplement que tous ceux qui forment l'équipe aient envie d'être là. Et un pays a besoin de ceux qui savent faire, de ceux qui savent exécuter, de ceux qui savent répondre aux attentes de ceux qui savent faire".



Interrogé sur son double cancer de l'estomac et du pancréas contre lesquels il se bat depuis plusieurs mois, Bernard Tapie reconnaît qu'il s'est rendu compte qu'il n'était pas "immortel" mais assure ne pas "avoir peur de la mort".

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