Soupçons de financement libyen : Nicolas Sarkozy contre-attaque

Soupçons de financement libyen : Nicolas Sarkozy contre-attaque
Nicolas Sarkozy aux Sables-d'Olonne, le 1er octobre 2016.

Orange avec AFP, publié le dimanche 25 mars 2018 à 09h03

Mis en examen mercredi après deux jours de garde à vue, Nicolas Sarkozy a dénoncé dimanche 25 mars une "manipulation" destiné à le "salir". Des accusations sans "la moindre preuve", a-t-il assuré dans un entretien accordé au Journal du Dimanche.


"En observant les choses avec un peu de recul, sans se laisser entraîner par les passions, il est clair que nous sommes -que je suis- face à une manipulation d'une ampleur inédite", estime l'ancien président, mis en examen pour "recel de détournement de fonds publics, corruption passive et financement illégal de campagne électorale".

Les responsables de cette cabale ? Nicolas Sarkozy identifie trois groupes : "Le premier est constitué d'une bande d'assassins : ceux-là même qui entouraient Kadhafi, un dictateur sanguinaire. (...) Le deuxième groupe, ce sont les gens de Mediapart et leurs comparses, qui ne se comportent pas en journalistes, mais en militants politiques, explique l'ancien chef de l'État. Le troisième, ce sont les affidés du régime déchu de Kadhafi, dont le plus visible est Ziad Takieddine, un escroc et un fraudeur notoire."


"Ce sont donc ces gens-là qui m'accusent, et rien de ce qu'ils allèguent n'est étayé par la moindre preuve, assène Nicolas Sarkozy. Malgré leurs multiples annonces promettant des preuves sous forme de vidéos, de virements et de transferts bancaires, cinq ans après le début de l'instruction, rien, absolument rien n'a été produit."

Les raisons d'un tel acharnement sont simples, selon lui. "Le clan Kadhafi veut se venger d'avoir été délogé d'un pouvoir qu'il tenait par la force depuis trente ans", assure Nicolas Sarkozy, qui rappelle qu'il avait mené l'action diplomatique permettant l'intervention de la coalition internationale en Libye, sous mandat de l'ONU. Quant à Mediapart, "leur objectif était de me faire perdre, d'abord l'élection présidentielle de 2012, puis la primaire de 2016 : leur pseudo-révélations coïncident toujours avec des moments clés de la campagne électorale." Rappelant que le directeur du média en ligne a "affiché son amitié avec Tariq Ramadan", Nicolas Sarkozy accuse Mediapart de "n'avoir aucun principe ni aucune déontologie". Enfin, les mobiles de Ziad Takieddine sont "financiers", accuse encore Nicolas Sarkozy. "Il fait partie de ceux qui ont pillé la Libye. En suscitant la coalition internationale contre Kadhafi, je les ai privés de leur 'poule aux œufs d'or'".


Par ailleurs, Nicolas Sarkozy affirme n'avoir "aucune raison de douter" que Claude Guéant et Brice Hortefeux n'aient "jamais été mêlés au prétendu financement libyen" de sa campagne de 2007. "Brice Hortefeux est mon plus vieil ami. Claude Guéant a été un excellent collaborateur", explique-t-il. "Je n'ai aucune raison de douter que de près ou de loin, ils n'ont jamais été mêlés au prétendu financement libyen de ma campagne de 2007", ajoute M. Sarkozy au sujet de ses anciens ministres, que son contrôle judiciaire lui interdit désormais de rencontrer. Jeudi soir sur TF1, il avait semblé prendre ses distances avec ces deux proches.

"Ce sont ces élucubrations qui fondent les motifs de ma mise en examen... C'est indigne", déplore l'ancien président, qui refuse cependant de s'attaquer aux juges. "Je ferai usage de toutes les voies de recours qui me sont ouvertes. (...) Chaque fois que j'ai été injustement mis en cause, la justice a fini par m'innocenter. Mais quels dégâts pour mon honneur, ma famille, mes amis ! Quel que soit le temps que ça prendra, je briserai les auteurs de la machination honteuse qui parte atteinte, au-delà de moi-même, à la fonction que j'ai exercée et à notre pays", prévient Nicolas Sarkozy. "

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