Soupçonnés d'un projet d'attentat, six membres d'un groupuscule d'ultradroite ont été interpellés

Soupçonnés d'un projet d'attentat, six membres d'un groupuscule d'ultradroite ont été interpellés
Des CRS en patrouille.

publié le vendredi 07 mai 2021 à 14h50

Trois d'entre eux vont être présentés à un juge dans la journée, trois autres ont été libérés, sans poursuite à ce stade. 

Ils sont soupçonnés d'avoir voulu commettre un attentat contre une loge maçonnique implantée en Moselle. Six membres d'un groupuscule néonazi baptisé 'Honneur et nation' ont été interpellés mardi dans le Doubs et le Bas-Rhin, ont indiqué vendredi 7 mai une source judiciaire et une source proche du dossier, confirmant une information de BFMTV



Trois d'entre eux, deux hommes de 29 et 56 ans et une femme de 53 ans, doivent être présentés ce vendredi à un juge d'instruction antiterroriste en vue d'une éventuelle mise en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Les trois autres personnes interpellées, deux hommes et une femme également, ont été libérées sans poursuite à ce stade. A l'issue des gardes à vue, le parquet national antiterroriste (Pnat), qui avait ouvert une enquête préliminaire en février 2021 sur les activités de ce groupuscule d'ultradroite, a décidé de confier les investigations à des juges d'instruction antiterroriste

Selon une source proche du dossier, les personnes mises en cause sont soupçonnées d'avoir voulu préparer une action violente, potentiellement contre une loge maçonnique de Moselle.

Le projet ne semblait toutefois pas imminent. Elles ont été interpellées à la suite d'échanges entre elles, et notamment parce qu'elles faisaient des recherches sur d'éventuels explosifs et avaient effectué des repérages. Lors des perquisitions, des écrits néonazis ont été retrouvés, ainsi qu'un tee-shirt à l'effigie de Hitler et des armes de catégorie C, détenues légalement puisque les suspects faisaient du tir sportif, a précisé Le Parisien

Selon une source proche du dossier, certaines de ces personnes étaient en contact avec Rémy Daillet, figure du mouvement complotiste français résidant en Malaisie. Ce dernier est soupçonné d'avoir contribué à l'organisation de l'enlèvement en avril de la petite Mia, retrouvée cinq jours plus tard. Dans cette enquête, un mandat d'arrêt international a été lancé à l'encontre de cet ancien cadre du MoDem en Haute-Garonne, qui a été exclu du parti centriste en 2010. 

Plusieurs enquêtes antiterroristes liées à la mouvance de l'ultradroite sont en cours en France. Début avril, le parquet antiterroriste a ainsi demandé un procès en correctionnelle pour neuf membres du groupe d'ultradroite surnommé OAS, dont son chef autoproclamé, Logan Nisin. Démantelé en 2017, le groupuscule était soupçonné initialement d'avoir voulu s'en prendre à Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon ou des musulmans. La décision sur un renvoi éventuel en procès revient désormais aux juges d'instruction chargés de ces investigations.

Au moins quatre autres enquêtes liées à des projets d'action violente de l'ultradroite sont en cours depuis 2017. Un autre groupuscule soupçonné de vouloir frapper des cibles musulmanes a ainsi été démantelé en 2018 et à l'automne 2020, quinze membres ou proches de ce groupe, appelé Action des forces opérationnelles (AFO), teinté de survivalisme d'extrême droite, ont été mises en examen. Un autre groupuscule, issu d'un groupe Facebook surnommé "Les Barjols" et accusé d'avoir voulu attenter à la vie du président Macron, a été arrêté en 2018. Deux autres enquêtes antiterroristes liées à l'ultradroite portent, l'une sur un groupe proche de l'idéologie néo-nazie soupçonné de viser des lieux de cultes juifs et musulmans, l'autre sur un suprémaciste admirateur de l'auteur de l'attentat en 2019 contre des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

En janvier, le coordonnateur national du renseignement Laurent Nuñez s'était inquiété d'une "montée en puissance des suprémacistes et du survivalisme". On estime que l'ultra droite représente 1.000 à 1.500 personnes, ce que Laurent Nuñez n'a pas démenti.
 

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