"Soulagée", Coline Berry-Rojtman évoque une plainte "vitale" contre son père

"Soulagée", Coline Berry-Rojtman évoque une plainte "vitale" contre son père
Coline Berry-Rojtman, qui accuse d'inceste son père l'acteur Richard Berry, à la sortie de son audition par la brigade de protection des mineurs à Paris, le 11 février 2021

, publié le lundi 15 février 2021 à 08h36

"C'était ça ou j'en crève" : Coline Berry-Rojtman explique, dans un entretien à France info diffusé lundi, les raisons qui l'ont poussée à porter plainte pour "viols et agressions sexuelles" contre son père, l'acteur Richard Berry, près de quarante ans après les faits. 

"La lecture du livre de Camille Kouchner", à l'origine de l'affaire Duhamel et d'une libération de la parole en France sur l'inceste, et "la réaction de mon père, face à moi: cela a été l'alignement, l'addition", souligne la fille aînée du comédien, entendue jeudi dernier par les policiers de la brigade de protection des mineurs.

"Je l'ai ressenti physiquement, c'est-à-dire que c'était ça ou j'en crève, en fait", ajoute-t-elle. "C'était vital. Peut-être, oui, que ça va lui faire du mal. Encore que j'estime que j'apporte de la réparation dans la famille, et pour les générations futures".

Coline Berry-Rojtman, née de l'union de Richard Berry et l'actrice Catherine Hiegel, a porté plainte fin janvier pour "viols et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par ascendant" et "corruption de mineur". Le jour même, le parquet de Paris ouvrait une enquête pour examiner la véracité des accusations portées contre son père, qui remontent à 1984-1985.

Richard Berry a démenti "de toutes (ses) forces et sans ambiguïté ces accusations immondes" et assuré n'avoir "jamais eu de relations déplacées ou incestueuses avec Coline, ni avec aucun de (s)es enfants". 

"J'ai besoin de la reconnaissance des faits" en dépit d'une éventuelle prescription, explique Coline Berry-Rojtman. "On a eu des échanges. Soit il minimise (les faits), en les considérant comme anecdotiques. Soit il considère que c'est de la faute de Jeane Manson (l'ex-compagne de son père), dont il aurait subi la liberté sexuelle. Ou alors je suis traité de folle", ajoute-t-elle. 

"Ce déni, c'est encore une destruction qui vient s'ajouter à la déchirure que je vis depuis toutes ces années".

Pour Coline Berry-Rojtman, "les effets secondaires négatifs", notamment l'exposition de sa famille et de ses enfants, "sont moins importants que le bénéfice que je pense être à l'issue de cette démarche".

"C'est peut-être très candide, mais je suis sereine et ça m'a apaisée. Je suis complètement soulagée", conclut-elle. 

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