Sophie Pétronin, de retour au Mali : l'ex-otage est "abasourdie" par les réactions, selon son fils

Sophie Pétronin, de retour au Mali : l'ex-otage est "abasourdie" par les réactions, selon son fils©STRINGER / AFP

publié le jeudi 11 novembre 2021 à 14h13

"On joue vraiment sur des amalgames", a déploré Sébastien Chadaud-Pétronin, fils de l'ex-otage Sophie Pétronin, au sujet des vives réactions, notamment du gouvernement, suscitées par le retour au Mali de sa mère.

Le retour de l'ex-otage Sophie Pétronin au Mali a été vivement critiqué début novembre. "Nous déplorons (son) retour", avait alors réagi le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal.



Ce jeudi 11 novembre, sur l'antenne de BFMTV, le fils de l'ancienne otage, Sébastien Chadaud-Pétronin, a parlé au nom de sa mère de ces vives réactions.

"Elle est un peu abasourdie et je partage complètement cette impression-là, parce qu'on joue vraiment sur des amalgames", a-t-il déploré.

Puis d'expliquer : "Ce qu'il faut comprendre, c'est que la situation à Bamako n'est pas la situation au nord Mali. On fait l'amalgame entre une zone de guerre et une zone qui est sécurisée."

"Ensuite, on parle beaucoup de l'argent que la France aurait versé pour sa libération. Est-ce qu'on peut aller plus loin dans le détail ? La France n'a pas versé un centime pour Sophie Pétronin. Ensuite on parle de djihadistes qui auraient été échangés. Il y a effectivement eu un échange de prisonniers et la libération d'un Premier ministre, qui est quand même quelqu'un de très important au Mali - ce serait la même chose en France. Il y a eu aussi des otages italiens qui ont été libérés en même temps, et puis la Française dont on ne savait plus quoi faire", a continué le fils de Sophie Pétronin.




Sébastien Chadaud-Pétronin a également donné quelques informations sur les conditions de résidence de sa mère. "Elle est à la capitale, dans un endroit très calme, discret, avec tout un protocole convenable de sécurité. Elle vit cachée de toute la malveillance qui pourrait y avoir à son égard en tant qu'ex-otage, occidentale, française. On suit les recommandations des autorités françaises, qui insistent sur le fait qu'elle a un statut particulier", a-t-il expliqué.

"Je suis chez moi ici", a indiqué Sophie Pétronin

Sophie Pétronin avait été enlevée en décembre 2016 à Gao, avant d'être libérée en octobre 2020.

Début novembre, au sujet de son retour au Mali, le secrétaire d'Etat français a dénoncé une "forme d'irresponsabilité" vis-à-vis de "sa sécurité", mais aussi, vis-à-vis "de la sécurité de nos militaires".

"Lorsque nous avons des ressortissants qui sont pris en otage à l'étranger, ce sont nos militaires qui vont les secourir au péril de leur vie. Nous avons des soldats qui ont été tués dans le cadre d'opérations pour aller secourir des otages qui avaient été faits prisonniers dans des pays étrangers", a souligné Gabriel Attal.

"Pourquoi irresponsable ? Je suis chez moi ici", a répondu Sophie Pétronin au téléphone à un correspondant de l'AFP, répondant ainsi au gouvernement français.

"Oui, je suis au Mali depuis un moment. Mais je ne suis pas inquiète et je ne suis pas inquiétée", a-t-elle dit, semblant confirmer qu'elle vivait dans les faubourgs de la capitale Bamako.

"Je me porte bien. Et je suis heureuse d'être là où je suis. Je n'embête personne et personne ne m'embête", a-t-elle poursuivi.

Selon un média français d'investigation en ligne, Mediapart, l'ancienne otage, âgée de 76 ans, est retournée au Mali en mars dernier, une information que Gabriel Attal n'a pas souhaité commenter.

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