SNCF : une "cinquantaine" de dégradations signalées

SNCF : une "cinquantaine" de dégradations signalées
Plusieurs "acte de malveillance" ont été signalés par la SNCF ce lundi 14 mai.

, publié le lundi 14 mai 2018 à 13h45

Selon les informations de RTL, une cinquantaine d'actes de dégradations ont été comptabilisés ce lundi 14 mai sur son réseau ferroviaire. La compagnie va porter plainte.

La SNCF va porter plainte après "plus d'une cinquantaine d'exactions diverses et variées" constatées sur son réseau, a annoncé sur RTL le directeur général adjoint de la SNCF, Mathias Vicherat.

"Plus de 5.000 clients ont été impactés". Ces incidents interviennent lors d'une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme de la SNCF où le trafic s'annonce très difficile. La mobilisation est repartie à la hausse avec 27,58% de grévistes au total.




• CATÉNAIRE SECTIONNÉE EN NORMANDIE

Un câble de soutien d'une caténaire a été sectionné "très proprement" dans la nuit à Gaillon (Eure), a indiqué ce lundi 14 mai à l'AFP un porte-parole de la SNCF. Celui-ci évoque un "geste de malveillance extrêmement technique", à plusieurs mètres de hauteur. Selon France Bleu, le câble se situe entre Pont de l'Arche et Gaillon sur la voie 2.

Quinze trains sont supprimés ou attendent en gare, selon la SNCF, qui va porter plainte. Le trafic devait reprendre progressivement après 9h, selon la SNCF. En raison du mouvement de grève, les prévisions de trafic en Normandie lundi étaient d'un train sur quatre en circulation pour les TER, un sur six pour les intercités, selon la SNCF.



"Un contrepoids a été coupé. Il est utile à la régulation mécanique de la caténaire et du coup, la caténaire n'était plus tendue", a expliqué à la radio locale le directeur de la maintenance SNCF en Normandie Jean-Philippe Brunet. "C'est un acte de vandalisme, c'est très clair". "On pense tout de suite à un sabotage", a ajouté le porte-parole de la compagnie ferroviaire, soulignant toutefois qu'il reviendra à l'enquête de la gendarmerie de le déterminer.

D'autres incidents ont également été signalés près du Havre : "Un passage à niveau a été fracturé à Harfleur et des installations débranchées, les signaux se sont mis au rouge. Il y a eu la même chose du côté de Bréauté", a précisé à France Bleu Jean-Philippe Brunet. Des incidents techniques ont également été remontés sur la ligne Caen-Paris.



• BLOCAGE DES VOIES ET COUPURE DE COURANT À MARSEILLE

Le trafic ferroviaire a également été paralysé pendant plusieurs heures lundi matin à Marseille, un blocage des voies et une coupure d'alimentation électrique, probablement due à un "acte de malveillance" selon la SNCF, s'ajoutant à la grève des cheminots. Les perturbations ont débuté dès 5h50, avec la rupture d'une caténaire avant le départ du premier TER de la journée, entraînant la coupure du courant dans toute la gare Saint-Charles, la principale de Marseille, selon la direction.

"Les premières investigations nous conduisent à la piste d'un acte de malveillance inacceptable", précise la SNCF, qui a dû dérouter les trains en provenance d'Avignon et Toulon vers une gare secondaire. Une heure plus tard, des "groupes de manifestants, y compris externes à la SNCF", ont bloqué les voies, paralysant la reprise du trafic, a ajouté la compagnie. Au total, "plusieurs TGV ont subi des retards supérieurs à une heure, un TER a été supprimé et plusieurs ont accusé des retards importants".

Vers 8h, quelques dizaines de cheminots en grève étaient toujours postés en bout de quai, devant des trains à l'arrêt. "C'est une journée sans cheminots, on a voulu montrer à la direction et au gouvernement notre forte détermination", explique Rémy Hours, responsable local de la CGT cheminots. "Il y a eu un blocage des voies par des salariés d'autres entreprises, des étudiants et des usagers, pour nous soutenir", a-t-il précisé.

Dans le hall de la gare, les voyageurs prenaient leur mal en patience, se renseignant sur le trafic auprès des "gilets rouges" déployés par la SNCF. "Hier soir, mon train était annoncé 'maintenu'", se désole Cynthia Granger, 19 ans, qui doit suivre une formation d'animatrice à Toulon. "Depuis le premier jour de la grève, j'ai toujours eu des trains. Je me suis dit que ça allait passer, comme les autres jours".

"Mon train était annoncé sur l'appli SNCF", s'étonne, téléphone portable en main, Roméo André, un agent de maîtrise de 42 ans, qui ne pourra pas se rendre à son travail à Marignane. "On comprend tous" le mouvement de grève, "mais à un moment, faut pas pénaliser les autres", poursuit cet usager.

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