SNCF : ultimes négociations, poursuite de la grève

SNCF : ultimes négociations, poursuite de la grève
La CGT-Cheminots et SUD-Rail on appelé à la reconduite de la grève mardi 7 juin 2016, pour une 7e fois consécutive.

publié le lundi 06 juin 2016 à 20h39

La fronde sociale menace toujours l'Euro à quatre jours du coup d'envoi, alors qu'à la SNCF, direction et syndicats ont entamé lundi d'ultimes négociations sur le temps de travail. Le trafic restera perturbé ce mardi.

Pour la septième journée consécutive, mais la treizième fois depuis début mars, la CGT-Cheminots et SUD-Rail ont reconduit leur grève, en attendant les résultats de l'ultime réunion de négociation sur le travail des cheminots entamée ce lundi 6 mai.

Le trafic ferroviaire sera donc encore perturbé mardi, avec en moyenne quatre Intercités sur dix, deux TGV sur trois et six TER sur dix, selon les prévisions de la SNCF.

Les Intercités rouleront au rythme de quatre trains sur dix (aucune circulation de nuit) et les Transilien et RER, touchés à la fois par le mouvement social et les crues, d'un train sur deux. Si un trafic normal est annoncé sur le RER A, toutes les autres lignes RER sont touchées par la grève et/ou les crues.

Côté TGV, le service redeviendra normal sur l'axe Nord. L'axe Est sera desservi par huit rames sur dix, l'axe Atlantique par deux sur trois, l'axe Sud-Est restera le plus perturbé, avec un TGV sur deux. Quant aux TGV à bas prix Ouigo, neuf sur dix devraient circuler.

À l'international, le trafic sera quasi-normal. Les Eurostar, comme les Alleo (Allemagne), circuleront normalement. Mais les trains Thalys, Lyria (Suisse), Ellipsos (Espagne) et SVI (entre la France et l'Italie) seront touchés dans des proportions variables. Ainsi un seul Thalys, entre Paris et Bruxelles, ne circulera pas mardi matin.


Lundi, plus d'un conducteur sur deux était encore en grève, et un contrôleur sur trois, d'après des chiffres communiqués par la SNCF.

UNE GRÈVE "INCOMPRÉHENSIBLE" POUR HOLLANDE
François Hollande a estimé lundi, dans les colonnes de La Voix du Nord, que "le gouvernement a montré sa volonté de dialogue, notamment dans les transports routiers, l'aviation civile ou le ferroviaire". "Il faut savoir arrêter une grève" a martelé le président, empruntant cette phrase au communiste Maurice Thorez pour appeler à cesser les mouvements sociaux contre la loi Travail.

"Personne ne comprendrait que les trains ou les avions (...) puissent empêcher le bon déroulement" de l'Euro-2016, avait par ailleurs déclaré le président de la République dimanche. En vain, le gouvernement a invoqué ces derniers jours la "solidarité" face aux intempéries pour demander l'arrêt de cette grève "incompréhensible".


BRAS DE FER AVEC LA DIRECTION
"On veut que ça monte encore", a répliqué lundi matin Eric Santinelli, porte-parole de SUD-rail, depuis Marseille où des militants du syndicat ont organisé un barrage filtrant à l'entrée du siège régional de la SNCF. L'entreprise souhaite ouvrir à la signature son projet de réorganisation du temps de travail en fin de journée. Mais selon la CGT-cheminots, les discussions avancent lentement.

Après une reprise en main le week-end dernier du dossier par l'exécutif, qui a forcé le président de la SNCF Guillaume Pepy à conforter l'essentiel du régime de travail actuel des agents SNCF et à renoncer à d'importants gains de productivité, la CFDT et l'Unsa sont sorties du mouvement et leur signature ne fait guère de doute. L'issue du conflit repose essentiellement sur la CGT-cheminots, le premier syndicat à la SNCF, qui a le pouvoir de faire retoquer les deux projets d'accords (d'entreprise et de branche) en exerçant son droit d'opposition avec SUD (et FO au niveau de la branche). Mais la CGT-cheminots ne dévoilera pas sa position de façon imminente. "On prendra le temps nécessaire pour évaluer les choses", a déclaré son porte-parole. La SNCF évalue à "plus de 20 millions d'euros par jour" le coût de cette grève.

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