SNCF : bientôt moins de gares desservies par le TGV ?

SNCF : bientôt moins de gares desservies par le TGV ?
Un TGV le 1er août 2017 en gare de Paris Montparnasse.

Orange avec AFP, publié le mardi 17 octobre 2017 à 09h46

TRANSPORTS. Alors que l'ancien PDG d'Air France-KLM a été chargé de refonder le modèle ferroviaire français, la ministre des Transports estime notamment que le fait d'utiliser des TGV pour desservir de nombreuses gares en dehors des métropoles pèse sur la rentabilité.



Jean-Cyril Spinetta doit s'atteler à un "chantier stratégique" de "refondation" du modèle ferroviaire français, selon sa lettre de mission publiée lundi 16 octobre. L'ex-PDG d'Air France-KLM s'est vu confier le 19 septembre par le Premier ministre Édouard Philippe la tâche de réfléchir à la transformation de ce secteur qui pâtit de faiblesses structurelles, a rappelé la ministre des Transports Elisabeth Borne lors d'un point de presse.



Deux TGV sur trois déficitaires, le trafic du fret qui s'est effondré d'un tiers en 15 ans et une dette qui se gonfle de 3 milliards d'euros par an pour atteindre 45 milliards d'euros... Le système ferroviaire français n'est en effet pas au mieux.

"ON NE DESSERT PAS BRIVE EN A380"

Les travaux de M. Spinetta, qui devra rendre sa copie en janvier, ainsi qu'un calendrier de réforme qu'il doit aussi élaborer, alimenteront un projet de loi d'orientation des mobilités censé être déposé au premier semestre 2018. Il s'agira d'abord de "préciser la stratégie de desserte par le transport ferroviaire à horizon 2030", notamment d'identifier "les segments sur lesquels les efforts doivent être renforcés afin de mieux répondre aux attentes" ainsi que "le modèle de desserte à privilégier" pour les trains à grande vitesse.

À ce titre, Mme Borne a souligné que le fait d'utiliser des TGV pour desservir de nombreuses gares en dehors des métropoles, un sujet de débat de longue date impliquant SNCF, élus locaux et usagers, pesait sur la rentabilité. "On a un sujet dont il faut être conscient, c'est que les dessertes fines du TGV ont un effet non négligeable sur le modèle économique du TGV", a dit la ministre. "Si on prend un parallèle avec l'aérien, on ne dessert pas Brive en (Airbus) A380", a-t-elle ajouté. Les TGV desserviront-ils bientôt moins de gares ? À ce stade la ministre de préconise aucune solution.

Le problème avait déjà été soulevé en 2014 par la Cour des comptes, selon qui le réseau de lignes ferroviaires à grande vitesse en France était trop vaste et "peu cohérent", avec une rentabilité en baisse et un coût "devenu non soutenable". Les Sages de la rue Cambon pointaient à l'époque que les rames de TGV passaient "40% de leur temps en moyenne sur les lignes classiques". "Ces dessertes, caractérisées par des taux d'occupation faibles, sont peu rentables, elles permettent certes le confort d'un trajet sans rupture de charge, mais monopolisent des rames, coûteuses et voraces en énergie, au profit d'une population réduite d'usagers", écrivaient-ils.

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