Six mois après l'attentat de Nice, le ras-le-bol de la police municipale

Six mois après l'attentat de Nice, le ras-le-bol de la police municipale
Des policiers municipaux à Nice, sur la Promenade des Anglais, le 18 juillet 2016 (Illustration).

publié le samedi 14 janvier 2017 à 12h50

TÉMOIGNAGE - Alors qu'ils assurent leur mission chaque jour, les policiers municipaux de Nice ont l'impression "qu'on leur en demande toujours plus", sans rien en retour. L'un d'entre eux a confié ses désillusions, à visage couvert, à BFMTV.

Six mois après l'attentat de la Promenade des Anglais à Nice, qui a fait 86 morts et des centaines de blessés, les victimes, proches et témoins de l'attaque du camion fou de Mohamed Lahouaiej Bouhlel souffrent encore de traumatismes physiques et psychologiques.

Parmi eux, les policiers municipaux, qui ne supportent plus la pression.

"Au lieu de remonter la pente, on descend de plus en plus bas", déplore l'un d'entre eux à BFMTV. Il témoigne à visage couvert, car dire ce que l'on pense dans la police n'est pas sans conséquences. Il risque la révocation, mais pas seulement. "Il y a un gros ras-le-bol de la police municipale", dénonce-t-il. "Les agents qui osent dire le mal-être dans la police municipale sont menacés, ils sont insultés, ils subissent des pressions".



PRÉAVIS DE GRÈVE

Derrière cette colère, la réorganisation du temps de travail et certaines sanctions. "Le cycle horaire demandé fait en sorte qu'on ne verra plus nos familles", explique le policier, surnommé Steve par la chaîne d'information. Or "ces familles sont aussi celles qui ont été touchées lors du 14 juillet. Et c'est ça qui nous aide à tenir le coup", assure-t-il.
"Ils assurent leur mission tous les jours avec beaucoup de volonté et beaucoup de professionnalisme, et ils ont le sentiment qu'on leur en demande toujours plus", indique Elodie Roux, du syndicat Force Ouvrière de la mairie de Nice.

Mais six mois après l'attaque de la "Prom'", la Ville n'envisage pas de réduire leurs missions. L'objectif est même inverse, car il s'agit de multiplier les patrouilles sur le terrain. Pour autant, la municipalité reste ouverte au dialogue. "Je comprends très bien la situation de certains agents qui sont divorcés, qui ont des gardes d'enfants alternées, affirme le directeur de la police municipale Jean Michel Truglio. C'est vrai qu'il faut revoir tout ça, il faut les accompagner". En attendant, un préavis de grève a été déposée, une première dans l'histoire de la police municipale niçoise.

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