Sept "décrocheurs" de portraits de Macron jugés en appel à Paris

Sept "décrocheurs" de portraits de Macron jugés en appel à Paris
Sept "décrocheurs" de portraits d'Emmanuel Macron avant leur procès en appel posant près du Palais de Justice le 22 octobre 2020

, publié le jeudi 22 octobre 2020 à 13h44

"Chaque jour compte": sept militants écologistes ont été jugés en appel à Paris jeudi pour avoir décroché et emporté trois portraits officiels d'Emmanuel Macron en 2019, dans le but de dénoncer "l'inaction climatique" du gouvernement.

L'avocat général a demandé la confirmation du jugement de première instance, qui les avait condamnés, le 16 octobre 2019, à 500 euros d'amende pour "vol en réunion". Ils étaient huit mais seuls sept d'entre eux, âgés de 24 à 37 ans, ont fait appel.

La défense a plaidé la relaxe, en particulier sur le fondement d'un récent arrêt de la Cour de cassation sur la liberté d'expression.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 10 décembre.

Les 21 et 28 février 2019 à Paris, trois portraits présidentiels avaient été dérobés dans les mairies des IIIe, IVe et Ve arrondissements de la capitale, dans le cadre d'une campagne nationale "Décrochons Macron", menée par le mouvement Action non-violente COP21 (ANV-COP21). 

Comme pour les quelque 150 "réquisitions" symboliques revendiquées par le mouvement partout en France, ces actions s'étaient effectuées en quelques minutes, "à visage découvert" et "sans dégradation". 

Jeudi à l'audience, les prévenus, dont six étaient présents, ont reconnu les faits et défendu leur action.

"C'est un autre moyen d'expression qu'on a mis en place et qui correspond à un monde dans lequel il y a eu un rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) qui dit que chaque jour compte", a expliqué l'un des prévenus, Etienne, âgé de 26 ans.

"Le pire c'est de faire semblant et c'est que ce fait Emmanuel Macron", a estimé Cécile Marchand, qui comparaissait elle aussi. "La réalité des faits, au niveau national, c'est que la France ne respecte même pas les lois qu'elle s'est elle-même fixée".

Cités par la défense, trois témoins se sont exprimés à la barre: Jean-Pascal Van Ypersele, climatologue et ancien vice-président du GIEC, Agnès Catoire, membre de la Convention citoyenne pour le climat et Cécile Duflot, ex-ministre et directrice d'Oxfam France.

Depuis le premier procès de "décrocheurs", en mai 2019 à Bourg-en-Bresse, des décisions disparates ont été rendues en fonction des juridictions.

La condamnation des militants à Paris en octobre 2019 était intervenue un mois après une relaxe à Lyon: le tribunal avait alors invoqué "l'état de nécessité", jugeant "légitime" l'action de désobéissance civile "face au défaut de respect par l'Etat d'objectifs pouvant être perçus comme minimaux dans un domaine vital".

Cette décision lyonnaise a cependant été infirmée en appel le 14 janvier, avec une peine de 250 euros d'amende ferme pour deux militants.

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