Seize handicapés et militants jugés pour le blocage de l'aéroport de Toulouse

Seize handicapés et militants jugés pour le blocage de l'aéroport de Toulouse
Seize militants pour les droits des handicapés, dont sept en fauteuil ont comparu devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir, courant 2018, bloqué un TGV Toulouse-Paris puis pénétré sur les pistes de l'aéroport de ...

publié le mardi 23 mars 2021 à 23h15

Seize militants pour les droits des handicapés, dont sept personnes en fauteuil, ont comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir, courant 2018, bloqué un TGV Toulouse-Paris puis pénétré sur les pistes de l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

La décision a été mise en délibéré au 4 mai.

"A travers les infractions reprochées, c'est la liberté d'expression des militants d'Handi Social qui est attaquée", a indiqué en marge de l'audience Me Christophe Lèguevaques. Il est l'un des avocats de cette association toulousaine qui dénonce par ses actions "la politique régressive de la France pour les droits des personnes en situation de handicap".

Le 14 décembre 2018, plusieurs de ces militants s'étaient introduits sur les pistes de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, bloquant le trafic pendant une heure, ce qui "a impacté 1.857 passagers", a indiqué la présidente du tribunal Anne-Laure Michel.

Le 28 octobre, l'ensemble des prévenus avaient mené une première action de blocage, envahissant les voies devant un TGV en gare de Toulouse-Matabiau, retardant "500 passagers".

Pour ce délit d'entrave, ces personnes en situation de handicap et leurs accompagnants encourent 5 ans d'emprisonnement et 18.000 euros d'amende.

Après avoir rejeté deux questions prioritaires de constitutionnalité - relatives au délit d'entrave - puis une exception de nullité portant sur l'accessibilité même du tribunal, ainsi que sur les respect de la jauge de la salle d'audience, la présidente a décidé de la publicité restreinte des débats.

Elle a demandé aux personnes non concernées, journalistes et personnes accompagnantes, de quitter la salle.

"Ce sont des lanceurs d'alerte qui ont le courage de s'opposer à un Etat +validiste+ (Ndlr défavorable aux personnes vivant un handicap)", a souligné Me Arié Alimi, l'un des trois avocats des militants.

"J'ai bientôt 30 ans et c'est anormal que nous soyons toujours considérés comme des sous-citoyens", a lancé avant l'audience Kévin Fermine, l'un des prévenus en fauteuil motorisé, ajoutant: "Je ne suis pas venu pour m'excuser".

Du côté des plaignants, outre l'aéroport de Blagnac, Airbus, Air France et la SNCF se sont portés partie civile.

A la fin de l'audience, peu avant 22H00, les militants ont décidé d'occuper le tribunal, affirmant que plusieurs personnes à mobilité réduite étaient "sans solutions" pour rentrer à leur domicile.

"Nous avions prévenu la présidente des obligations de plusieurs d'entre nous, pour le transports ou des soins. Elle a tenu à nous juger dans ces conditions, nous demandons que la justice prenne en charge notre transport", a indiqué à l'AFP Odile Maurin, la présidente d'Handi Social.

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