Seine-Saint-Denis : agressions à répétition dans un lycée de Stains

Seine-Saint-Denis : agressions à répétition dans un lycée de Stains
Le lycée Maurice-Utrillo à Stains (Seine-Saint-Denis), en mars 2004.

Orange avec AFP, publié le vendredi 06 avril 2018 à 13h20

VIDÉO. Plusieurs rixes et agressions sont survenues ces dernières semaines à proximité du lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis).

Les enseignants exercent leur droit de retrait depuis le 4 avril.

Agression au couteau, au marteau, élèves "mis en joue"... Depuis le 12 mars, pas moins de trois agressions ont été recensées à proximité de l'établissement scolaire. Ce jour là, un élève de 15 ans s'était fait agresser à coup de marteau : "Le 12 mars, le gars, à 10h, il se fait casser la gueule au marteau. À 17h40 on voit des machettes circuler, il y a trois tirs qui retentissent, visiblement c'était une arme à plombs, c'est quand même délirant", a raconté la conseillère principale d'éducation, Nadia Marzouk, sur France Inter.

"Ils nous ont pointé avec leur arme"

"Il y a des affrontements entre bandes rivales, la grande majorité des élèves, qui n'est pas impliquée, est flippée, et nos élèves qui sont impliqués là-dedans, moi j'ai peur pour eux", a-t-elle ajouté au micro de la radio. Selon BFMTV, ces affrontements seraient liés à la rivalité entre bandes rivales de Stains et de la commune voisine de Pierrefitte-sur-Seine.



Cette semaine, des hommes cagoulés auraient également menacé des lycéens avec une arme à feu : "Ils nous ont pointé avec leur arme, ils nous ont mis en joue", a raconté l'un de ces élèves à BFMTV. "Ils nous ont dit 'on va vous tirer dessus'. La voiture a ralenti, il y en a deux qui sont sortis ils ont commencé à courir dans notre direction. Ensuite ils ont fait marche-arrière, ils sont remontés dans la voiture et ils sont partis".

"Les profs, nous ont dit qu'ils ont peur qu'un jour en venant en cours ils apprennent qu'un élève s'est fait tué", a poursuivi un lycéen. "En tant que parent, on ne peut qu'avoir une boule au ventre", a également expliqué une mère de famille à BFMTV. "On ne sait jamais ! Même si ce n'est pas eux qui vont être visés, ils peuvent très bien prendre un coup de manière collatérale".

"Ce n'est pas une scolarité que je vis ici"

"Je me lève souvent la nuit, j'ai envie de vomir", a raconté une élève de 1ère. "La dernière fois, le 12 mars, on voyait du sang partout devant le parvis, dans les couloirs. Il y avait des grosses flaques de sang, c'est choquant ! Ce n'est pas une scolarité que je vis ici, c'est une survie".

Les enseignants dénoncent le manque de moyens de sécurité. "On est épuisé, on n'en peut plus. Il y a des collègues qui dorment très mal, d'autres qui ne mangent plus", a expliqué à RTL Fabienne Giuliani, professeure d'histoire-géo dans le lycée et représentante du syndicat SUD. "On a le sentiment de ne pas être entendu", regrette-t-elle également.



Jeudi, l'académie de Créteil a "condamné avec la plus grande fermeté" ces actes de violence. Les équipes mobiles de sécurité (EMS) "continueront d'être présentes autant que de besoin dans le périmètre de compétence qui est le leur" et une cellule d'écoute est mise à disposition de la communauté scolaire "autant que de besoin", a-t-elle promis.

Le cas du lycée Maurice-Utrillo n'est pas isolé dans le département, selon BFMTV. En début de semaine des élèves du collège voisin ont également été menacés en cours de sport, toujours à l'extérieur de l'établissement. Un rassemblement était organisé jeudi devant le lycée Paul-luard à Saint-Denis pour dire stop à ces violences. Depuis le début des ces violences, aucun plainte n'a été déposée, "par peur des représailles", précise la chaîne d'information.

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