Seine-Maritime : un maire interdit les radars privés embarqués

Seine-Maritime : un maire interdit les radars privés embarqués
Les premières voitures privées dotées de radars ont commencé à flasher à la fin du mois d'avril dans l'Eure.

Orange avec AFP, publié le vendredi 29 juin 2018 à 21h33

La maire de Caule-Sainte-Beuve (Seine-Maritime) a pris un arrêté le 25 juin interdisant la circulation de voitures dotées de radars privés embarqués dans sa commune.

"Je suis hostile au fait que les contrôles de vitesse soient effectués par des entreprises privées. Selon moi, cette responsabilité incombe aux forces de l'ordre", a expliqué à l'AFP Chantal Benoit, maire sans étiquette de cette commune de 500 habitants.

"Il faut arrêter de se cacher derrière l'argument de la sécurité routière. Ces voitures-radars n'ont qu'un seul objectif, celui de remplir les caisses de l'État et je n'ai pas envie que mes administrés subissent cela".

Le dispositif étendu à toute la France d'ici à 2020

"La conduite de ce type de véhicule peut entraîner une perte d'attention et de fait la maîtrise du véhicule par son conducteur", est-il également développé dans l'arrêté. L'élue a rappelé néanmoins que l'interdiction "ne vise pas les véhicules conduits par les forces de gendarmerie".



Les premières voitures privées dotées de radars ont commencé fin avril, dans l'Eure, à flasher les excès de vitesse. Ce dispositif controversé doit être étendu à toute la France d'ici à 2020. Les véhicules sont équipés de caméras sur les plages avant et arrière, et ne circulent qu'avec le chauffeur à bord, au lieu de deux fonctionnaires pour les radars embarqués par la police ou la gendarmerie.

Un précédent dans le Médoc

La décision municipale se fonde sur l'article R 412-6 du code de la route "qui interdit de placer dans le champ de vision du conducteur un appareil doté d'un écran ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation".

Le 2 mai 2018, le maire de Naujac-sur-Mer, dans le Médoc, avait pris un arrêté similaire en se fondant sur le même article du code de la route. La préfecture de Gironde avait demandé à l'édile "le retrait de son acte", l'arrêté municipal en question "étant illégal", selon elle. Contactée, la préfecture de Seine-Maritime a indiqué que l'arrêté n'était "pas encore arrivé en préfecture" et qu'il "fera l'objet d'une analyse au titre du contrôle de la légalité".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.