Ségur de la Santé : Olivier Véran répond à la grogne des soignants

Ségur de la Santé : Olivier Véran répond à la grogne des soignants
Les syndicats de soignants dénoncent une "parodie" au sujet du Ségur de la Santé

, publié le mercredi 10 juin 2020 à 22h00

Auditionné ce mercredi au Sénat, Olivier Véran a tenu à rassurer les soignants, critiques face au Ségur de la Santé. De nombreux syndicats dénoncent les méthodes de cette concertation entre le gouvernement et le personnel soignant, destiné à réformer l'hôpital public. 

"J'entends l'impatience" mais "on avance".

C'est par ces mots qu'Olivier Véran a voulu rassurer mercredi 10 juin les soignants, dont il assure "entendre l'impatience". Le ministre de la Santé a ainsi répondu à l'agacement de certains syndicats face au Ségur de la Santé, cette concertation lancée en grande pompe par Edouard Philippe le 25 mai, qui doit déboucher d'ici la mi-juillet sur des propositions concrètes pour l'hôpital public et les soignants.

Lors d'une audition devant la commission des Affaire sociales du Sénat, le ministre de la Santé a promis des "avancées" rapides sur ce dossier, alors que les critiques se multiplient sur le déroulement des discussions. "De toutes façons on est tenu par notre propre agenda (...) Il faut qu'on bouge vite", a-t-il assuré, précisant s'être entretenu mercredi matin par téléphone avec plusieurs syndicats sur le sujet.


Les syndicats dénoncent une "parodie"

Plusieurs syndicats se sont agacés ces derniers jours de la façon dont étaient menées les discussions, dénonçant une "parodie de concertation" et une "opération de communication". "La méthodologie du Ségur de la Santé pose problème", a ainsi estimé le Collectif Inter-Hôpitaux (CIH), en regrettant "l'absence de transparence dans la conduite des travaux". "Des réponses concrètes doivent être apportées maintenant", a insisté le collectif. "Le Ségur fait partie intégrante du problème et pas de la solution", a estimé de son côté Sud santé, quatrième syndicat dans la fonction publique hospitalière (8,5%), qui a décidé de claquer la porte des discussions pour dénoncer l'absence de proposition chiffrée de la part du gouvernement.

Interrogé sur ce point, Olivier Véran a assuré mercredi ne pas pouvoir pas "sortir un chiffre" à ce stade, évoquant le "respect" des "négociations". "Rien ne serait à mon sens moins productif que claquer la porte aujourd'hui", a-t-il néanmoins assuré.

Primes variables

Concernant les primes de 500 à 1.500 euros versées aux soignants, elles aussi critiquées, en raison de critères d'attribution jugés trop restrictifs, le ministre a également défendu l'approche du gouvernement.

"Tous les soignants ont une prime. Mais le niveau de la prime varie en fonction de la charge épidémique rencontrée dans l'établissement", a-t-il assuré. "Chacun bien sûr a été impliqué. Mais je crois qu'une infirmière de réanimation à Mulhouse a été encore plus impliquée qu'un médecin de médecine nucléaire d'un hôpital situé hors de tout cluster, qui ne s'est pas vu transférer de malade de réanimation", a-t-il justifié.
 

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