"Ségur de la santé": nouvelle série de manifestations devant les hôpitaux

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Manifestation à Paris de personnels soignants pour réclamer de meilleures conditions de travail, le 28 mai 2020
Manifestation à Paris de personnels soignants pour réclamer de meilleures conditions de travail, le 28 mai 2020
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© AFP, ALAIN JOCARD

, publié le jeudi 28 mai 2020 à 19h30

Plusieurs rassemblements ont de nouveau eu lieu jeudi devant des hôpitaux afin de réclamer "du fric pour l'hôpital public", au quatrième jour du "Ségur de la santé", censé concrétiser les hausses de salaires et de moyens promis pour les soignants.

A Paris, plusieurs centaines de personnes, dont des infirmiers, médecins et aide-soignants en blouse blanche, se sont réunis devant l'hôpital Robert-Debré à l'occasion d'une "casserolade" (concert de casseroles, ndlr), organisée dans le cadre du mouvement "#jediscolère".

Regroupés autour d'une banderole "Hospitaliers Usagers Tous unis pour la santé", ils ont appelé à "mettre la pression" sur le gouvernement pour obtenir des "hausses de salaires" et l'"arrêt des fermetures de lits" dans les hôpitaux.

"La crise du coronavirus a mis en lumière les difficultés auxquelles les hôpitaux publics sont confrontés", mais "la crise dure depuis longtemps", a rappelé Stéphane Dauger, chef du service de réanimation pédiatrique de Robert Debré et membre du Collectif Inter-Hôpitaux.

"Les personnels sont épuisés. Il faut des gestes forts de la part du gouvernement dès les prochains jours, avant la mise en place de véritables négociations", a insisté le praticien, qui juge "urgent" de "sortir l'hôpital public de ce marasme".

Plusieurs rassemblements ont eu lieu au même moment devant l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), l'hôpital Avicenne (Bobigny), ou bien encore à Besançon, où près de 300 personnes se sont retrouvées sur le parvis du CHRU.

"On veut faire notre travail dans de bonnes conditions", a déclaré Marc Paulin, membre du collectif des "Blouses blanches", qui a pris la parole devant les manifestants, équipés de pancartes "Des salaires, pas la misères" ou "Bas les masques".

Dans la matinée, une manifestation a également été organisée à l'appel de la CGT devant le siège de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), pour "exiger des comptes" après la crise du coronavirus.

"Après cette pandémie, nous, ce qu'on veut, c'est faire un véritable état des lieux (...) On ne peut plus revenir au système de santé en France comme il était il y a quelques mois", a expliqué à l'AFP Franck Moubeche, aide-soignant et délégué CGT.

Un message relayé par Yolande Ho A Tchung, infirmière à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil: "Les horaires variables, les heures supplémentaires qui ne sont pas retenues, pas comptabilisées, on ne veut plus ça. On veut pouvoir prendre nos repos". 

Ces manifestations surviennent alors que le "Ségur de la santé" est entré jeudi dans son quatrième jour. Cette concertation, destinée à améliorer les conditions de travail des soignants, doit déboucher sur des propositions concrètes mi-juillet.

"Il a fallu cette foutue épidémie pour que M. Macron organise le Ségur de la santé", a regretté le professeur Laurent Thines, du Collectif inter-hôpitaux, présent lors du rassemblement de Besançon. Avant d'appeler les soignants à "être vigilants" sur les résultats du Ségur : "On ne veut pas de grand bla-bla, M. Macron".

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