Ségur de la santé : les médecins hospitaliers trouvent à leur tour un accord

Ségur de la santé : les médecins hospitaliers trouvent à leur tour un accord
Manifestation de soignants, le 30 juin à Paris

, publié le samedi 11 juillet 2020 à 14h00

Vendredi, les autres catégories de personnels des hôpitaux ont trouvé un accord pour une augmentation de 183 euros net par mois. Les syndicats de médecins valident ce samedi un accord comprenant 16 mesures, notamment une augmentation de la prime pour ceux qui n'exercent qu'à l'hôpital public, de 490 à 1.010 euros brut par mois. 

L'accord est validé, après le feu vert des trois syndicats majoritaires de médecins hospitaliers, qui permet de franchir le seuil des 50% de représentativité.

Le document prévoit une hausse de 450 millions d'euros pour la rémunération des praticiens. 

"C'est un bon accord" 

Deux organisations syndicales, le CMH et l'INPH, avaient déjà annoncé vendredi 10 juillet qu'elles signeraient l'accord élaboré dans le cadre du "Ségur de la santé". Une troisième organisation, le Snam-HP, a assuré samedi qu'elle ferait de même. "Nous allons signer. C'est un bon accord, qui apporte une reconnaissance pour l'ensemble des médecins hospitaliers", estime le président du Snam-HP, Sadek Beloucif.




Ces trois syndicats réunis sont majoritaires chez les praticiens et professeurs hospitaliers. Les deux autres syndicats représentatifs, APH et Jeunes médecins, n'ont pas encore rendu leur décision, mais se sont montrés très critiques sur le document.

Accord pour les autres soignants 

Vendredi, un accord a également été conclu pour les personnels paramédiaux (aides-soignants, infirmiers...) et non médicaux (agents techniques et administratifs), avec à la clé une enveloppe de 7,5 milliards d'euros. Ces deux accords devraient faire l'objet d'une signature officielle lundi après-midi à Matignon, en présence du Premier ministre Jean Castex. 

L'accord pour les médecins hospitaliers, dont l'AFP a obtenu copie, comprend 16 mesures, dont une augmentation de la prime versée aux praticiens qui s'engagent à ne travailler que dans les hôpitaux publics, sans dépassement d'honoraires.

Les grilles de salaires vont être revues 

Cette indemnité, aujourd'hui de 490 euros brut par mois pour un temps plein, et 700 euros après quinze années de "service public exclusif", doit ainsi passer à 1.010 euros "en deux temps", au 1er septembre, puis au 1er mars 2021.

Une "révision" des grilles de salaires est par ailleurs envisagée "à compter du 1er janvier 2021", avec des évolutions ciblées sur le début et la fin de carrière qui "représentent une somme prévisionnelle en année pleine de 100 millions d'euros".

Pour le Snam-HP, ces mesures vont permettre de "conjuguer l'égalité et l'équité". "L'égalité car la prime de service public exclusif sera portée à 1.000 euros pour tout le monde. Et l'équité car le protocole va favoriser les médecins en début de carrière, ce qui est juste", juge Sadek Beloucif.

Pas de revalorisation pour les gardes 

Les médecins hospitaliers réclamaient à l'origine une enveloppe bien plus importante, de l'ordre de plusieurs milliards d'euros. "On n'a pas eu tout ce qu'on voulait" mais "ce n'est pas une fin, c'est un début", souligne Rachel Bocher, présidente de l'INPH.

Dans un communiqué, l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a fait part samedi de son "immense déception", regrettant notamment "l'absence de revalorisation pour les gardes et le temps de travail additionnel". "Nous pouvons considérer aujourd'hui que le pseudo-accord qui va être signé par certains syndicats ne répond pas aux attentes des professionnels de terrain. Nous risquons d'assister à des démissions dans les semaines qui viennent", avertit l'Amuf. 
 

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